A quand des zones blanches pour la survie des électrohypersensibles ?

Les personnes électrohypersensibles (EHS) se battent pour la (difficile) reconnaissance de leur handicap, pour la création de « zones blanches » dans chaque région ainsi que pour la baisse du niveau des champs électromagnétiques artificiels sur tout le territoire.


Femmes voilées par obligation pour se protéger des ondes électromagnétiques. Photo : Next-up.

À l´heure actuelle, ces personnes n´ont plus de refuge, la France entière étant couverte par les champs électromagnétiques artificiels. Les maisons, les rues et les campagnes, les services publics, les hôpitaux, les pharmacies, même les forêts sont aujourd´hui irradiés par les champs électromagnétiques artificiels générés par les télécommunications sans fil. La souffrance et l´atteinte grave à la santé de ces personnes ne sont pas prises en compte par l´État, ni même reconnues.

En effet, « deux ans après le Grenelle des ondes, un an après notre occupation de la forêt de Saou (Drôme), et malgré la classification par l´OMS du téléphone portable dans la catégorie 2B (« cancérogène possible ») et la résolution du Conseil de l´Europe de créer des zones blanches pour les personnes EHS, le ministère de la santé fait toujours la sourde oreille, ne prenant même pas la peine de répondre à nos courriers », déplore Marine Richard, vice-présidente de l´association « Une terre pour les EHS ».

Cet été 2011 durant cinq jours, les EHS et leurs soutiens ont à nouveau occupé la forêt de Saou, une zone blanche à 40 km à l´est de Valence, et demandé la création de zone blanche dans chaque région.


A Foussais-Payré (Vendée), des EHS ont fait la grève de la faim cet été pour réclamer le maintien
d´une zone de très faible exposition aux ondes de la téléphonie mobile.

Des recommandations européenne et mondiale restées vaines jusqu’à ce jour

La résolution 1815 du 6 mai 2011 du Conseil de l’Europe de mai 2011 recommande aux États membres « de porter une attention particulière aux personnes « électrosensibles » atteintes du syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques et de prendre des mesures spéciales pour les protéger, en créant par exemple des « zones blanches » non couvertes par les réseaux sans fil ».

> Télécharger : « Le danger potentiel des champs électromagnétiques et leurs effets sur l’environnement »

Par ailleurs, des études ayant mis en évidence un risque accru de gliomes (tumeurs malignes du cerveau) et de neurinomes acoustiques (tumeurs bénignes des nerfs du système auditif) après une utilisation à long terme et intensive du téléphone portable, l’OMS annonçait, en mai 2011, avoir classé « cancérogènes possibles » les rayonnements électromagnétiques des téléphones portables. De même, le Conseil de l´Europe prenait une résolution recommandant aux États membres de « revoir les fondements scientifiques des normes actuelles d’exposition aux CEM fixées par la commission internationale pour la protection contre les rayonnements non ionisants (International Commission on Non-Ionising Radiation Protection), qui présentent de graves faiblesses ».

Ces recommandations n´ont pas été suivies d´effet.

NB : Il faut bien distinguer les cancers qui seraient liés à l´émission des ondes du téléphone portable tout près du cerveau, des symptômes décrits par les électrosensibles qui seraient liés aux ondes électromagnétiques diffusées dans l´environnement par les émetteurs.

Ce handicap environnemental, apparu ces dernières années, est aussi appelé syndrome d’intolérance aux champs électro-magnétiques (Sicem) ou syndrome des micro-ondes. Cette pathologie, induite par l’augmentation des champs électromagnétiques artificiels liés aux moyens de télécommunication sans fil, touche un nombre croissant de personnes qui sont obligées, pour survivre, de fuir leur environnement en raison de douleurs intenses (cerveau, cœur, système digestif). Elles doivent souvent également renoncer à exercer leurs activités professionnelles, quitter leur famille, s’éloigner de leurs proches et abandonner leur logement pour se réfugier dans une totale précarité dans des endroits relativement préservés des ondes tels que parkings souterrains, forêts et même grottes !


Personne hypersensible réfugiée dans une grotte depuis trois ans. Photo : le Bien Public.

Sur le plan clinique, ces symptômes se traduisent notamment par une baisse de l´oxygénation du cerveau pouvant engendrer des dégénérescences irréparables, une augmentation massive de l´histamine et de certains anticorps. À long terme, ce handicap pourrait induire des maladies neurodégénératives de type Alzheimer, ou des cancers notamment.


Casquette anti-onde.

Un collectif s’était constitué en 2009 pour faire reconnaître cette douloureuse problématique et créer un lieu préservé des champs électromagnétiques artificiels où les personnes EHS pourraient retrouver une santé normale. En avril 2011, ce collectif s´est constitué en association, « Une terre pour les EHS », avec pour objectif la création d´une première zone blanche officielle, lieu refuge qui permettra aux personnes atteintes d´EHS de ne plus souffrir et de sortir de leur isolement. L’association compte aujourd’hui plus de 400 membres.

« Notre combat est difficile, explique l’association, car il implique la suppression des technologies sans fil sur une minuscule partie du territoire, ce qui remet en cause la volonté de couverture intégrale par les opérateurs de téléphonie mobile. »

> Voir aussi : « Protocole de prise en charge des patients électrohypersensibles : démarrage janvier 2012 » (article Ouvertures)

> Artac, l´association de recherche sur le cancer présidée par le professeur D. Belpomme, s´intéresse à l´hypersensibilité.

> Des témoignages et des vidéos sur : electrosensible.org et next-up.org.

> Robin des toits, dossier Hypersensibilité.

> Rapport international Bioinitiative. Référençant 1500 travaux prouvant la toxicité des micro-ondes pulsées (type d’ondes émises par les technologies sans fil), il a été validé par l’Agence européenne de l’environnement et le Parlement européen.

> Appel pour la reconnaissance officielle par l’OMS des maladies environnementales (13 mai 2011).

Pour aller plus loin :

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