Aux industriels désormais de prouver les bienfaits ou l’innocuité de leurs produits

CHIMIE : 30 000 SUBSTANCES A EVALUER D”ICI 2018

Depuis le 1er juin dernier, ce n’est désormais plus aux pouvoirs publics (autorités sanitaires) ni aux victimes des pollutions occasionnées par les produits chimiques d’en prouver la nocivité. Désormais, c’est aux industriels d’évaluer les risques toxicologiques découlant de l’utilisation de leurs produits et de prouver qu’ils sont sûrs.

Ainsi en a décidé la nouvelle réglementation européenne concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des produits chimiques (Reach), qui avait été adoptée par l’Europe le 13 décembre 2006. Autre nouveauté, par rapport aux directives habituellement émises par la Commission, le règlement doit être appliqué de façon obligatoire, d’emblée, par les Etats membres.

Chaque substance fabriquée ou importée en Europe en quantité supérieure à 1 tonne devra faire l’objet d’un dossier d’enregistrement qui devra être présenté à l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) récemment inaugurée à Helsinki (Finlande). Sans enregistrement, le produit ne pourra être commercialisé. Jusqu’alors seules les molécules mises sur le marché depuis 1981, soit à peine 3 000 (sur les 100 000 diffusées), ont été étudiées.

C’est donc un progrès majeur qui responsabilise les industriels.

Cependant, le nouveau système comporte des faiblesses. Les États membres de l’Union ont refusé le principe de substitution, c’est-à-dire l’obligation de remplacer les produits chimiques dangereux par des alternatives plus saines à chaque fois que cela est possible. De plus, Reach ne concerne pas tous les produits et prendra du temps à se mettre en place : seulement 30 % des substances (30 000) sont concernées et devront être enregistrées et évaluées d’ici 2018.

Produits suspects pour la santé Où les trouve-t-on

dans la vie quotidienne ?

Retardateurs de flamme bromés

 

Télévisions, ordinateurs, meubles,

Teintures pour vêtements, mousses

d’isolation, appareils

électroménagers

Phtalates PVC souple (jouets, sols,

emballages alimentaires…) et

produits cosmétiques (vernis à

ongles, parfums, shampoings,

après-shampoings, laques…),

produits pharmaceutiques,

encres d’impression, adhésifs,

enduits d’étanchéité

Composés perfluorés (PFC) Poêles antiadhésives,

traitements antitache

et imperméabilisants pour

meubles et vêtements, cires à

parquet, revêtements de vestes

type Téflon ou Goretex

Muscs synthétiques Parfums, parfumeurs d’ambiance, produits de soin
Bisphénol A Boîtes de conserve, bouteilles

et bacs de stockage, tétines

de biberons en plastique

polycarbonate

Paraffines chlorées Mastics d’étanchéité de salle

de bains, plastiques

Source WWF

ALIMENTS “BONS POUR LA SANTE” ? IL FAUDRA LE PROUVER !

 

Depuis ce 1er juillet, un nouveau règlement européen s’applique en matière d’« allégations nutritionnelles et de santé des denrées alimentaires ». Le texte interdit aux fabricants et publicitaires d’employer des allégations « inexactes, ambiguës ou trompeuses ». Les effets bénéfiques décrits devront, d’ici à 2010, non seulement être avérés scientifiquement, mais aussi être compris par le consommateur moyen.

 

Règlement (CE) n° 1924/2006 du Parlement européen et du Conseil du 20 décembre 2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires Journal officiel n° L 404 du 30/12/2006.

 

IL FAUT LIMITER LES MENSONGES ECOLOGIQUES DE LA PUB

 
Dans un ordre d’idée proche, l’Alliance pour la Planète, collectif de près de 80 associations et ONG, a engagé engage l’action “Publicité et environnement”. Elle demande la création d’un organisme public indépendant pour sanctionner les dérives de la publicité en matière d’environnement, ainsi que la mise en place d’une règlementation de l’usage de l’argument écologique et d’une limitation des publicités pour les produits les plus polluants ou les plus énergivores.
 www.lalliance.fr

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