Belgique : l’homéopathie sur la sellette

En France, les autorités se battent contre l’homéopathie au nom de la « vérité scientifique ». En Belgique, le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) vient de publier un rapport concluant qu’il n’y a pas « la moindre preuve scientifique que l’homéopathie soit efficace ». Et recommande le non-remboursement de cette médecine.

« Il n’y a pas la moindre preuve scientifique que l’homéopathie soit efficace et pourtant elle est fort utilisée pour toutes sortes de maux. Les expériences positives des utilisateurs pourraient avoir à faire avec l’effet placebo, c´est-à-dire l’obtention d’un résultat en raison de l’attente de ce résultat par le patient et par le thérapeute. Mais dans cette approche de la maladie, on court le risque de ne pas instaurer un traitement médical classique indispensable ou de le démarrer trop tard parce qu’ un diagnostic aura été raté ou posé trop tard. C’est la raison pour laquelle il vaut mieux réserver la pratique de l’homéopathie aux médecins qui forment d’ailleurs déjà actuellement la majeure partie des homéopathes. »

Les chercheurs du KCE, qui ont passé en revue de la littérature scientifique internationale à propos de l’utilisation de l’homéopathie dans un certain nombre d’indications, concluent à une « absence d’efficacité ». Ajoutant « si certains brandissent des études isolées démontrant l’efficacité thérapeutique de l’homéopathie, force est de constater qu’elles ne présentent pas les qualités requises pour que leurs conclusions soient considérées comme « evidence-based » ».

L’organisme d’intérêt public, dont le rôle est essentiellement de conseiller les autorités sanitaires, est ainsi conduit à « ne pas recommander le remboursement de l’homéopathie ».

En Belgique, l’assurance maladie obligatoire ne rembourse pas l’homéopathie, mais la consultation peut être remboursée comme une consultation classique si l’homéopathe consulté est médecin. Certaines mutualités interviennent par contre sous certaines conditions, dans le cadre de leur assurance complémentaire.

« La partialité du KCE »

Le collectif Initiative citoyenne a réagi à la publication du rapport du KCE. Dans un communiqué daté du 25 mai 2011, il se dit « consterné de constater la partialité de cet avis du KCE, qui fait bien sûr fi de données essentielles sur l’efficacité avérée de cette médecine dans de très nombreux secteurs. Outre le secteur animalier dans lequel la notion d’ « effet placebo » n’a pas sa place, citons notamment l’efficacité démontrée de l’homéopathie en prémédication anesthésique ou sa très intéressante efficacité dans la gestion d’épidémies comme ce fut le cas à Cuba, ce que le KCE n’est pas censé ignorer.
Dans ce pays en effet, l’homéoprophylaxie a permis, chiffres à l’appui, de gérer de façon spectaculaire des épidémies dévastatrices de leptospirose : administré à plus de 2,3 millions de personnes, le traitement homéopathique préventif a permis une réduction de 84% de l’infection dans les régions traitées et l’évaluation globale des données a porté sur 11 millions de personnes (soit l’entièreté de la population cubaine) ».

« Il ressort des enquêtes que l’homéopathie compte des partisans convaincus. [Mais] le fait que de nombreux patients en soient satisfaits ne signifie pas pour autant que les préparations homéopathiques fonctionnent mieux que de l’eau distillée. »

En 2009, 6 belges sur 100 ont consulté un homéopathe. Il y a environ 340 homéopathes en Belgique qui sont affiliés à une des deux organisations professionnelles d’homéopathie. La grande majorité des homéopathes (75%) sont médecins, 20% d’entre eux n’ont suivi aucune formation (para) médicale. Il y a en Belgique différentes filières de formation en homéopathie, qui ne sont pas reconnues officiellement et donc pas contrôlées par les autorités.

Le KCE note que « les homéopathes revendiquent l’intérêt de leur approche en termes de santé publique. En effet, ils affirment prescrire moins de médicaments et principalement moins d’antibiotiques. Ce comportement de prescription serait bénéfique tant pour la santé des patients que pour les finances de l’assurance maladie. Il est actuellement impossible de vérifier ces hypothèses sur base des données existantes ».

En outre, « les thérapeutes se fondent [notamment] sur la satisfaction des patients pour attester de la réussite de leurs traitements. Cette satisfaction, nous l’avons objectivée en partie par l’enquête auprès de la population et les entretiens avec des patients convaincus, rapportant parfois des guérisons impressionnantes et rapides après de multiples et longues recherches de solution dans la médecine conventionnelle ».

A quand une étude scientifique sur ces deux derniers points ?

Pour aller plus loin :

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2 commentaires pour cet article

  1. Tout conditionner aux filtres de la science matérialiste et rationaliste confinerait au scientisme qui est une croyance de type religieux et qui infeste malheureusement la science : ce qui est obscurantiste et dogmatique c´est donc de considérer la science comme SEULE source déterminante de la connaissance et de prétendre que par exemple, l´expérimentation scientifique est la meilleure voire la seule manière d´établir la preuve.

    Face à un scientifique « pur et dur », faites cette expérience que j’ai personnellement faite auprès des plus irréductibles des scientistes : les zététiciens ; je me suis toujours fait éjecter de leur forum suite à mon insistance d’avoir la réponse à la question suivante et à laquelle ils ne pouvaient (évidemment) pas répondre : puisque vous prétendez que l’expérimentation scientifique est soit le seule moyen, soit le meilleur moyen pour l’établissement de la preuve (par exemple) de  l’efficacité d’un traitement, donnez-en moi les preuves !

    Boostée par l’asservissement des grands médias qui le relaye sans esprit critique suffisant la croyance populaire accentue cet écueil du « tout-à-la-science», vu qu’on « est persuadé que la science a réponse à tout… », remarquait le Dr John Eccles (1903-1997), prix Nobel de physiologie et de médecine en 1963 qui soulignait également :

    « Ils [la majorité des scientifiques] ont été formés à l´école du matérialisme. C´est un moule extrêmement rigide composé d´un ensemble de dogmes qui ne sont pas forcément expliqués scientifiquement ! Par exemple, affirmer que notre existence n´est qu´un assemblage biologique, sans essayer de comprendre tout ce qui n´entre pas dans ce cadre – sous prétexte que ce n´est pas « scientifique » – est un dogme, pis, une superstition ! La science est pleine de superstitions, de croyances de toutes sortes… » (Revue Psychologie N° 100)

    « Etant donné l’influence du scientisme, plusieurs d’entre nous ont aussi tendance à douter de tout, sauf de ce qui est scientifiquement prouvé, et à croire à tout ce qui est scientifiquement prouvé. » (In La démarche d’une recherche en sciences humaines : De la question de départ à la communication des résultats,  par François Dépelteau, aux Ed. De Boeck Université, p.8.)

    Idem pour la croyance dogmatique qui fonde une grande partie de la médecine conventionnelle : le préjugé organiciste (prétendre que la cause du symptôme est à trouver dans le symptôme et prodiguer des traitements médicamenteux qui ne sont que des molécules destinées à contrer ou annuler les symptômes).

    En savoir plus sur le scientisme et la recherche scientifique :
    http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=17224

     

  2. Quoiqu´en disent les détracteurs de l´homéopatie, il faut retenir une chose : l´homéopathie est la seule médecine qui ne tue pas.

    La médecine allopathique serait, selon certaines études, la quatrième cause de décès au monde : erreurs médicales, effets secondaires de médicaments, maladies contractées dans les hôpitaux,…

    Alors, avant de critiquer l´homéopathie, ils feraient bien de reconnaître que c´est une médecine naturelle et respectueuse du patient et de sa santé.

    Jean-Marc
    http://www.lecoledudos.org

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