Bénin : la tradition de la « fête du Vodoun »

Comme chaque année depuis 15 ans, le Bénin a célébré la « fête du Vodoun » (ou vaudou), qui est là-bas la fête des religions traditionnelles. Elle suscite toujours une forte mobilisation de ses adeptes.


Réjouissances traditionnelles à Cotonou.
Photo : Bernado Houenoussi.

Quinze ans après sa naissance, la fête des religions traditionnelles est toujours célébrée. Mise en oeuvre officiellement pour la première fois le 10 janvier 1996, l’initiative venait de Nicéphore Soglo, alors chef de l’Etat. Une loi votée au parlement en 1997 stipule que le 10 janvier est désormais férié.

Les réjouissances entrant dans le cadre de la célébration de la journée du 10 janvier au Bénin sont entre autre désignées sous l’appellation de fête du Vodoun ou des religions endogènes ou traditionnelles. Le Vodoun, regroupe plusieurs divinités, comme le Vodoun Sakpata, le Vodoun Cocou et le Fâ.

Les adeptes du Vodoun sont appelés Vodounsi. Ce sont des personnes vouées au culte d’un Vodoun après son initiation aux rites, aux danses, aux chants et à la langue propre à un Vodoun, dans un enclos Vodoun.

Contrairement à la religion catholique par exemple, dont le chef est le Pape, le culte Vodoun au Bénin n’a pas de chef attitré. Au sein de chaque divinité du Vodoun, il y a des dignitaires : le Vodounnon, gardien d’un Vodoun, ou Hounnon, chef d’un culte ou d’une divinité vodoun. Les hounnons de toutes les divinités Vodoun se sont regroupés au sein d’un cadre de concertation des religions endogènes. C’est l’interface officielle entre eux et l’Etat qui alloue chaque année des fonds, qui servent à l’organisation des manifestations officielles entrant dans le cadre de la fête du 10 janvier.

Des poulets et des moutons sont immolés

Outre les manifestations officielles organisées par les pouvoirs publics en accord avec les dignitaires des religions traditionnelles, des libations. Des poulets et des moutons sont immolés. Des cérémonies rituelles de chants et de danses sont dédiées aux différentes divinités dans les temples, les couvents d’hommes et de femmes supervisés par des religieux Vodoun et sur les places publiques. Des prières pour la paix sont dites.

Selon le dernier recensement général de la population (2002) et sur une population estimée à 6.769.914 habitants, les adeptes des religions traditionnelles représentent 23.3%, soit 1.577.657 personnes. Ils viennent en 3ème position derrière les catholiques et les musulmans, qui représentent respectivement 27.1% et 24.4 % de la population. En 1992, la religion traditionnelle était la plus répandue au Bénin (Le recensement de 1992 estimait la proportion des adeptes du Vodoun à 35% de la population, soit 1.725.877 personnes). Distancée par les religions dites importées, les cultes traditionnels semblent traverser une crise socioculturelle ou identitaire. Mais les religions traditionnelles restent très présentes dans les zones rurales.

Coexistence pacifique entre les différentes religions

Comme dans toutes les autres religions au Bénin, la femme domine en nombre dans le Vodoun. Sans doute parce qu’elle est la gardienne de la tradition religieuse. C’est elle qui est souvent désignée pour diriger les différents rites cérémoniels, même si de façon paradoxale elle n’intervient pas lors de la prise des décisions importantes.

La coexistence entre les différentes religions au Bénin est pacifique. Mais, le Vodoun est régulièrement diabolisé par certains fidèles des autres religions. C’est pourquoi les dignitaires du Vodoun s’échinent à clarifier ce qu’est le Vodoun, afin d’éviter les amalgames dont leur culte est l’objet. Ils s’efforcent donc d’en mettre en avant l’utilité et les bienfaits. Ils expliquent également le rôle, la spécificité et la signification de chaque divinité, et ce au-delà des démonstrations et des danses. Mais bien que cette religion soit vouée aux gémonies, il est courant que le fidèle d’une des religions importées aille consulter le Fâ, une autre divinité du Vaudoun, dont la particularité est de prédire l’avenir.

>> Voir également l´interview de David Koffi Aza, professeur de fâ.

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1 commentaire pour cet article

  1. Le prétexte de rites religieux (qu´ils soient ancestraux ou pas) ne peut pas cautionner les souffrances inadmissibles infligées aux animaux !

     

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