Deux poids, deux mesures

« Dérives sectaires » et santé : la commission d’enquête sénatoriale craint la publicité des débats

Le représentant français de l’Église de scientologie sera auditionné ce mercredi 20 mars 2013 à 16h30 devant les membres de la Commission d’enquête sur "l’influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé". Contrairement à celle de ses détracteurs, son audition ne sera pas publique.

Alain Milon, président de la commission d'enquête sénatoriale.

Alain Milon, président de la commission d’enquête sénatoriale.

Alain Milon, président de la commission d’enquête sur « l’influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé », a invité Éric Roux, « révérend » de l’église de scientologie, à venir témoigner devant les sénateurs. Ce dernier a accepté l’invitation « sous réserve du caractère public et transparent de [son] audition ».

Bien que M. Millon n’ait pas accédé à sa demande, Eric Roux se présentera malgré tout le 20 mars devant la commission. Mais il a écrit au sénateur pour protester.

Éric Roux, représentant française de l’Église de scientologie.

Éric Roux, représentant français de l’Église de scientologie.

« Arbitraire »

« C’est contraire à la règle depuis la loi n° 91-698 du 20 juillet 1991 et à la coutume qui s’est instaurée de donner « la publicité la plus large possible aux débats », a tempêté E. Roux. C’est aussi contraire aux nombreuses auditions qui se sont déjà déroulées devant votre commission. La publicité des auditions participe du débat démocratique, et je ne vois pas pourquoi la presse et les français ne pourraient pas être au courant de ce qui se dira lors de mon audition, dans le cadre d’une commission d’enquête qui d’après vous concerne tous les Français. L’Église et moi n’ayant rien à cacher, il me semble absolument contraire aux grands principes démocratiques reconnus et appliqués par toutes les autres grandes démocraties, de pratiquer une telle discrimination non justifiée. Votre affirmation est d’autant plus contradictoire, que vous dites un peu plus tard dans votre e-mail que ces auditions peuvent faire l’objet d’une captation vidéo susceptible d’être accessible sur le site internet du Sénat. Ceci indique que vous comptez décider de la publicité ou de son absence après l’audition, selon le résultat de celle-ci, selon qu’elle servira vos objectifs ou les desservira. Cet arbitraire est absolument contraire au principe de publicité susmentionné. »

Seul le discours des détracteurs est rendu public

Le représentant de la scientologie s’interroge ensuite « sur les raisons qui incitent votre commission à soumettre le témoignage de l’Église de Scientologie au secret ou à une publicité « éventuelle » par vidéo. Nous constatons que lorsque vous interrogez un apostat de l’Église, exclu depuis plus de 30 ans et connu pour être un détracteur obsessionnel de la Scientologie, son audition est ouverte à la presse et au public. De même, lorsque vous interrogez Serge Blisko, Georges Fenech, le CCMM, l’Unadfi, Catherine Picard, etc., les auditions sont ouvertes à la presse et au public, en plus d’être filmées et diffusées sur le site du Sénat. Il y a donc, de facto, une différence de traitement entre l’Église de Scientologie et ses détracteurs, celle-ci étant placée en situation d’infériorité. »

Le même sort de mise au secret a été réservé aux auditions des responsables de CAP LC et du CICNS, deux associations de défense de la liberté de conscience. En fait, cette opacité a été réservée à tous les témoignages des supposés « groupes sectaires » et des représentants des médecines douces. Seuls sont visibles sur le site du Sénat les vidéos de leurs détracteurs ou des entités neutres, comme les sites d’information internet.

> Que les sénateurs auditionnent enfin les représentants des médecines complémentaires et les défenseurs de la liberté de conscience sur le thème des « dérives sectaires » est une première en plus de trente années de française « chasse aux sectes ». A mettre au crédit des membres de cette commission.

Dommage, en revanche, qu’ils n’abordent pas ce débat avec toute la transparence et l’équité nécessaires. Mais peut-être les choses évolueront-elles d’ici la fin de l’enquête, prévue vers la mi-avril ?

Pour aller plus loin :

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1 commentaire pour cet article

  1. Bonjour;
    J’ai été auditionné par la commission sénatoriale en tant que Président du Syndicat Francophone de la Kinésiologie Spécialisé http://www.ffks.fr SFKS
    J’attends le compte rendu de cette commission présidée par le sénateur Alain Milon
    J’ai reçu le texte qui est fidèle aux entretiens que nous avons eus
    Merci pour ces informations ; le caractère ordinal des thérapies complémentaires va dans le sens d’une observation nécessaire de ces nombreuses pratiques
    Bien cordialement
    Bernard Ophoven
    Ostéopathe MKDE Kinésiologue
    06 83 84 23 97 04 91 25 91 69

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