Sida

Ils contestent le lien entre le sida et un virus

Un groupe de « dissidents » de l´origine virale du sida s´est réuni du 20 au 22 juin 2012 dans le Gard. Autour du professeur Etienne de Harven, spécialiste des rétrovirus, une trentaine de participants, dont des séropositifs, se sont interrogés sur les « véritables » causes du sida. Une conférence qui soulève des interrogations à l´encontre des affirmations scientifiques officielles.


Joan Shenton, journaliste britannique, plusieurs fois primée dans sa carrière, est passée dans la
dissidence à la suite de plusieurs reportages sur le Sida. Ici aux côtés d´Etienne de Harven, virologiste
et pionnier de la microscopie électronique, dans le cadre de la conférence de Pont-du-Gard,
du 20 au 22 juin 2012.
Photo : Pryska Ducoeurjoly.

En marge de la communication officielle sur le sida, il existe un certain nombre de personnes qui ne souscrivent pas au consensus. Accusés d´être des négationnistes, ces scientifiques affirment que la preuve de l´existence d´un virus du sida n´a jamais vraiment été apportée… Leurs deux arguments principaux se résument ainsi : aucun chercheur n´a formellement établi de lien entre le VIH et le sida et le virus du sida n´a jamais été mis en évidence dans le sang d´un malade.

Info ou intox ? Force est de constater que les publications pouvant démentir ces arguments restent obstinément introuvables !

Dissidence active

Aussi surprenant que cela puisse paraître, surtout face aux discours officiels bien rodés, il existe donc bel et bien une dissidence active depuis presque trente ans (voir l´historique sur wikipedia), autour de grands noms de la recherche (comme les professeurs Duesberg, Mullis, De Harven, entre autres). N´ayant jamais eu la possibilité de faire entendre leurs arguments dans les médias, le débat n´existe pratiquement pas.

« Comment faire émerger un autre point de vue sur le sida ? » Tel était le thème de la rencontre informelle qui s´est tenue la semaine dernière, du 20 au 22 juin, dans un petit village tranquille aux environs du Pont-du-Gard (dans la région de Nîmes), où réside le porte-parole de « Rethinking aids », groupe international pour la réévaluation scientifique de l´hypothèse VIH-Sida.

Journalistes étrangers

Parmi les participants (voir la vidéo tournée sur place par un documentariste), quelques chercheurs, d´anciens praticiens hospitaliers, des personnes séropositives avec ou sans traitement, des activistes de la première heure, des journalistes étrangers, dont Joan Shenton, très connue en Grande-Bretagne, désormais membre de la dissidence, venue présenter son dernier documentaire « Positively false », synthèse de ses nombreux reportages, interviews et archives. « Nous voulons depuis longtemps discuter avec les tenants de l´hypothèse officielle, mais eux ne le veulent pas », explique de son côté Nancy Turner Banks, ex-directrice du service de gynécologie ambulatoire de l´hôpital de Harlem (New-York), venue des États-Unis pour assister à la rencontre.

La majorité du grand public n´a pas connaissance de la controverse qui s´applique aussi aux tests de dépistage et à la détection de la charge virale. Le scientifique Kary Mullis, prix Nobel de chimie pour son invention de la PCR (réaction en chaîne par polymérisation), conteste par exemple l´utilisation de son procédé dans la détermination de la charge virale du VIH. « Il faudrait faire une étude clinique de la charge virale chez des séronégatifs atteints de cancer et d´infections chroniques, a demandé Etienne De Harven lors de la conférence. Actuellement, aucun chercheur n´a reçu de crédit pour établir cette référence, pourtant indispensable d´un point de vue scientifique. Est-ce parce qu´elle pourrait invalider le procédé PCR pour les patients séropositifs ? ».

Les dissidents pointent aussi les lacunes des test Elisa et Western Blot, non spécifiques au VIH selon eux, susceptibles de délivrer de faux positifs dans un grand nombre de situations : en cas de grossesse, de grippe, de vaccination récente, entre autres.

Témoignage :  « Il faut revenir aux malades »

« Cela fait longtemps que j´ai des doutes sur ce qu´on entend habituellement sur le sida », témoigne Antoine, un homosexuel présent à la conférence de Pont-du-Gard, diagnostiqué séropositif depuis 2010, à la suite d´une « séroconversion », qui s´est manifestée par un syndrome de type grippal et ganglionnaire.
« Il faut que je fasse la synthèse de ce que j´ai entendu. De bonnes questions restent posées et méritent d´être débattues mais ce n´est pas parce qu´il y a des manquements au niveau scientifique qu´il faut banaliser les pratiques à risques, le « no capote » ! Pour l´instant, j´ai envie de renvoyer tout le monde dos à dos. C´est facile de refaire le monde lorsqu´on n´est pas impliqué par la séropositivité…
« Je pense que, si on exclut les comportements à risques, comme l´usage de drogues, et les possibles faux positifs au test HIV, il y a certains cas d´immuno-déficience acquise qui ne peuvent s´expliquer autrement que par une transmission sexuelle. Or ce fait est majoritairement nié ici.
« J´aurais aussi aimé avoir des témoignages de survivants après des signaux très négatifs au départ. Pour moi, il faut revenir aux malades et leur proposer des choses concrètes pour remonter la pente. J´ai tout de même pu prendre connaissance de solutions intéressantes à mettre en place pour ma propre santé, comme prendre soin de mon système intestinal et faire attention à l´abus d´antibiotiques qui peuvent perturber nos défenses immunitaires ».

Selon la dissidence, des rétrovirus existent bien. Le premier à les avoir observés au microscope électronique est Etienne de Harven, directeur de recherche sur les rétrovirus au Sloan Kettering Institute de New York de 1956 à 1981. Mais « l’article « historique », qui a valu le prix Nobel de médecine 2008 à Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi, présente d´importants manquements scientifiques. Il ne fait pas de doute que des rétrovirus sont présents dans leurs cultures, mais il n’y a strictement aucune preuve que ces rétrovirus proviennent du malade « exposé au risque du sida » », assure De Harven.

Serait-on face à l´erreur scientifique du siècle ? Le débat mérite d´être rouvert, comme a tenté de le faire en l´an 2000 le président sud-africain, Thabo Mbeki, avant de savoir s´il devait accepter l´AZT (le traitement par antirétroviraux) et comme cela s´est produit au cours d´un colloque européen sur le sida en Afrique en 2003 (dont les actes sont disponibles dans un livre aux questions dérangeantes). Mais cela semble pour l´instant bien difficile à envisager pour la majorité de la communauté scientifique, et pour le monde médiatique qui relaye le même discours depuis trente ans, en passant sous silence les voix discordantes. Au nom, sans doute, de la santé publique.

> Lire : Les conclusions officielles publiées par le comité organisateur à l’issue de la conférence.

>  Sur un sujet de première importance comme le sida, maladie incurable qui fait l´objet d´une intense communication officielle et de nombreuses opérations de prévention, la rédaction d´Ouvertures estime indispensable de faire entendre les avis contradictoires d´une minorité de la communauté scientifique. Les interrogations soulevées sont argumentées et émanent de personnalités hautement qualifiées. Cet article est le premier volet d´un dossier qui sera consacré au sujet.

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3 commentaires pour cet article

  1. Comme vous le dites, toutes les discussions visant à remettre en cause les théories officielles sont automatiquement exclues du débat, sous peine de passer pour un charlatan ou un négationniste. Idem pour le 11 septembre.

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