Musique/Justice

Immigration clandestine : des stars congolaises dans la tourmente judiciaire

L’Europe et globalement l’Occident constituent un passage obligé pour les musiciens africains souhaitant faire carrière à l’international. Ainsi, plusieurs artistes de la République démocratique du Congo (RDC) y évoluent. Mais plusieurs d’entre eux ont été mêlés ces dernières années à des affaires bien singulières.


Papa Wemba.

Papa Wemba, Félix Wazekwa et  Werrason, tous trois d’origine congolaise, sont des figures emblématiques de la musique africaine en Occident. A un certain moment de leur carrière, ils ont été soupçonnés, dans le cadre de différentes affaires, d’organiser une filière d’immigration clandestine en Europe sous le couvert de leurs activités musicales. Surnommé « le chef du village de Molokai », Papa Wemba a été parmi eux le seul à avoir été condamné en 2004 et 2010 respectivement en France et en Belgique.


Félix Wazekwa.

Félix Wazekwa a été acquitté, après avoir été en 2010 reconnu « coupable  de confection de faux passeports et d’avoir dirigé un réseau de traite des êtres humains, impliquant vingt personnes dans le cadre des activités d’une organisation criminelle ». Werrason, lui, a été uniquement mis en garde en vue avec plusieurs de ses musiciens en 2002 pour des faits liés à des problèmes de visa. Le cas de Koffi Olomidé tranche nettement avec les précédents. Dans la soirée du 13 février 2012, le chanteur, qui est aussi originaire de RDC, a été mis en examen  pour viol et séquestration de trois ex-danseuses de son groupe par une juge d´instruction de Nanterre.

Une spécificité congolaise ?


Werrason.

La RDC peut se targuer d’avoir l’une des scènes musicales les plus foisonnantes du continent africain. Depuis 1976, Papa Wemba a créé « Viva la Musica », une formation musicale. Werrason est le leader du groupe Wenge « Maison Mère ». Koffi Olomidé est le président de l’orchestre « Quartier Latin ». Une caractéristique bien propre à ces musiciens congolais est que leurs groupes sont constitués par une flopée de personnes, dont des chanteurs et des danseurs.

Pendant de longues années, toutes ces personnes ont pu venir facilement en Europe et ce parce qu’elles étaient membres de l’un ou l’autre de ces groupes. C’était particulièrement le cas lorsque leurs formations musicales y faisaient des tournées. Une réalité qui a donné des idées par très orthodoxes à certains : aider des profanes de la musique à immigrer en Europe. Mais avec le durcissement de la politique d’immigration des pays européens, la donne a changé. Ce n’est donc pas un hasard si ce sont des artistes congolais qui animent depuis quelques années en Europe la chronique judiciaire relative à ces délits. Ceux du Cameroun, du Sénégal ou du Mali, qui font aussi carrière en Occident, n’ont jamais été cités dans des affaires similaires.

Les stars montantes de la musique congolaise sont les victimes collatérales des ennuis judiciaires de certains de leurs ainés. Leurs musiciens et autres ont de plus en plus du mal à obtenir un visa pour l’Europe. Prévus pour début 2012 respectivement au Zénith et à l’Olympia, les concerts de Fally Ipupa et Ferré Gola ont été annulés.

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