Les médecines douces s´organisent face aux attaques

« Les médecines non conventionnelles et liberté de choix thérapeutique : les défendre, se protéger face aux accusations de dérives sectaires » : tel est l’intitulé du colloque qui aura lieu le samedi 31 octobre à Nantes (Hôtel de l´Horticulture).

Le Dr Roselyne Morel à l´origine du colloque.

Les médecines non conventionnelles, douces, parallèles ou complémentaires posent une vraie question de société. Comme la plupart d’entre elles ne sont pas « validées scientifiquement », elles sont généralement combattues par les autorités politiques et sanitaires. Cette vigilance est absolument nécessaire pour éviter que des charlatans ne profitent de cette situation aux fins de vendre leurs poudres de perlimpinpin ou de procéder à des actes pouvant nuire à la santé des patients.

Ainsi, au mois de juin dernier, l’agence américaine du médicament, la FDA, a envoyé une série d’avertissements à des vendeurs en ligne de thé, pilules et autres produits abusivement présentés comme des traitements curatifs ou préventifs du cancer : cartilage de requin, sanguinaire du Canada (une herbacée), calcium corallien, césium, griffe de chat (plante), thé Essiac, divers champignons…

En outre, ce n’est pas parce qu’un produit est « naturel » qu’il est sans risque. Les plantes, comme les compléments alimentaires, peuvent avoir des effets indésirables ou interagir dangereusement avec un large éventail de médicaments.

Enfin, tenter d’emblée une médecine alternative peut retarder la prise d’un traitement classique plus efficace.

Cela dit, la lutte contre ces pratiques « différentes », aussi justifiée soit-elle, n´est pas toujours menée avec le discernement nécessaire. Elle est parfois elle-même sujette à dérives. On l’a vu dernièrement avec l’affaire Guéniot, ce médecin homéopathe iniquement poursuivi et dénigré (et qui en est mort), malgré sa réhabilitation par la justice.

De nombreux praticiens sont mis en cause par la Miviludes avec le soutien du Conseil de l’Ordre des médecins et de l’Unadfi, alors qu’ils n’ont pas de visée plus mercantile que celle de leurs confrères conventionnels et qu’ils s’efforcent de faire leur métier avec conscience, sur la base de savoirs pragmatiques ou traditionnels. Or, ces praticiens n’ont pas de tribune indépendante pour être entendus. D’où l’idée de ce colloque.

 « L’histoire du Dr Gérard Guéniot donne une idée des difficultés auxquelles vont avoir à se confronter la majorité des médecins non conventionnels dans les années à venir, explique Roselyne Morel, l’organisatrice de la manifestation[1]. Ces médecins dans leur ensemble sont très démunis lorsqu’il s’agit de se défendre et très peu au fait des précautions à prendre, comme des risques réels encourus. Convaincus du bien fondé de leur pratique, ils n’ont pas conscience qu’il ne s’agit pas la plupart du temps de poursuites personnelles et fondées, mais d’une atteinte sur le fond des choix médicaux, suspectés d’être déviants en dehors de toute preuve. »

Le colloque réunira des avocats expérimentés dans ce type de procédure, des médecins non conventionnels soucieux de leur devenir et des patients. Objectifs : les informer sur leurs droits, les moyens à mettre en œuvre pour se protéger et se défendre, inciter à un regroupement des moyens et des savoirs.

 « La situation est vraiment grave, alerte Mme Morel. Actuellement, très peu de jeunes médecins se forment à ces voies thérapeutiques, pourtant soutenues par l’OMS [Organisation mondiale de la santé] et le Parlement européen, en raison de la désinformation qui les entoure, et des risques encourus. Lorsque l’on sait le coût de la médecine conventionnelle, sa iatrogénicité[2], de plus en plus reconnue et dénoncée, avons-nous le droit de ne pas nous battre pour que demain notre liberté de choix thérapeutique reste entière ? C’est à ces propos que tentera de répondre ce colloque, présidé par le professeur Pierre Cornillot. »


[1] Le Dr Roselyne Morel tient un blog sur la liberté thérapeutique. Elle est par ailleurs vice-présidente de Cap LC qui organise ce colloque. CAP-LC (Coordination des particuliers et des associations pour la liberté de conscience) a comme but de « de lutter contre la discrimination concernant le droit à la liberté de conscience et de croyance et de dénoncer des actes et des discours qui violent les droits de l’Homme ou qui représentent une menace pour les libertés fondamentales ». Pour la Miviludes, elle « est surtout connue pour sa promptitude à critiquer depuis des années toute initiative de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires » (rapport 2008).

[2] Caractère iatrogène, c’est-à-dire provoqué par le médecin, le traitement ou les médicaments.

>> LE PROGRAMME DU COLLOQUE

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