Mali : avec le nouveau code la famille, la femme doit obéissance à son mari

Le Haut Conseil islamique est parvenu à faire revenir le chef de l´Etat sur certains droits du nouveau code de la famille. Au détriment des femmes.


Mahamoud Dicko, président du Haut conseil islamique.
Photo : laube.ml

Le Haut conseil islamique (Hci), qui sert d’interface entre les pouvoirs publics et la communauté musulmane au Mali, avait estimé en août 2009 que la mouture du code de la famille adoptée à cette époque par l’Assemblée nationale était une « insulte au Coran ». Sa furie a fait reculer le chef de l’État qui avait demandé aux députés de procéder à une relecture dudit texte. Adopté de nouveau le 2 décembre dernier, ce code fait la part belle à l’homme qui a dorénavant la « puissance paternelle ».

Le Mali est un pays laïc dont 95% de la population déclare être musulmane. En août 2009,  les défenseurs des droits des femmes s’étaient réjouis des mesures qui figuraient dans la version du code de la famille qui avait été adoptée par l’Assemblée malienne. Aujourd’hui, ils rient jaune, et pour cause. Dès que le texte voté le 2 décembre dernier sera promulgué par le président malien, l’âge du mariage de la femme passera de 18 à 16 ans. Aussi, l’homme est consacré comme unique chef de la famille, à qui il est conféré la « puissance paternelle » qui remplace « l’autorité parentale » (partagée entre l’homme et la femme). Le nouveau code précise aussi que « dans la limite des droits et devoirs respectifs des époux consacrés par le présent code, la femme doit obéissance à son mari et le mari protection à sa femme ». L’article 518 de ce texte, interdit également à un homosexuel d’adopter « un enfant sous quelque régime que ce soit ».

Le lobbying du Hci

En 2009, la forte mobilisation des organisations musulmanes et la pression du Hci ont fait reculer le chef de l’État malien. « La civilisation occidentale est un péché », tel est l’un des slogans qui ont fusé lors des manifestations organisées dans la foulée par le Haut conseil. Les mesures fortes adoptées en août 2009 concernaient l’âge légal du mariage fixé à 18 ans, dans un pays où les filles sont mariées à 13 ou 14 ans dans les zones rurales. De même, seul le mariage célébré devant un officier d’état-civil était dorénavant reconnu, tandis que le droit de divorce est concédé aux maris et aux femmes qui ne vivent plus ensemble depuis trois ans. Avec le nouveau code, le mariage religieux célébré dans les mosquées est désormais aussi légalisé et la question du divorce sera réglée de manière coutumière. C’est pour contrer le fait que le droit de divorce soit accordé au mari ou à la femme après trois ans de séparation que le Hci a voulu que cette question puisse être réglée de manière coutumière.

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