Michel Odoul : « Nos comportements blessent nos corps et nos âmes »

Dans son livre Aux sources de la maladie ; de l’écologie individuelle à l’écologie planétaire, Michel Odoul plaide pour une plus grande implication de l’individu dans le processus de sa guérison.

Malgré l’évolution des sciences, les sociétés occidentales voient l’apparition de maladies nouvelles et, pour beaucoup, incurables. La médecine, malgré ses progrès considérables, soigne surtout les symptômes et s’intéresse bien insuffisamment aux causes mêmes de nos maladies. Parallèlement à elle, de nombreuses voies de guérison sont proposées qui permettent au patient d’avoir un peu de recul sur son mal et de réfléchir à ce qu’il peut faire lui-même pour faciliter sa guérison.

Michel Odoul, fondateur de l’Institut français de shiatsu et inventeur de la psycho-énergétique, propose une approche plus responsable de la maladie. Il nous invite à aller au-delà du hasard, des microbes et de la pollution pour viser une « écologie comportementale » où chaque acte et chaque pensée ont des conséquences bien concrètes sur nous et notre monde.

Le livre parcourt les causes de nos maladies, externes (la « violence institutionnelle qui nie la différence dans son besoin de normes », la « barbarie alimentaire » ou « individuelle », l’idolâtrie du dogme et du protocole au détriment de la vérité, la recherche de palliatifs au lieu de solutions durables, etc.) et internes (les sources psychiques vues par Freud, Jung et Adler, le sacrifice de la liberté au profit d’une fausse sécurité, la « division » intérieure, etc.).


Michel Odoul.

Il développe tout un chapitre sur le fonctionnement du psychisme humain dans lequel est mis en avant la fait que « la maladie n’est jamais un hasard ou une fatalité mais la conséquence d’un certain nombre de comportements, actes ou pensées qui ont conduit à sa réalisation voire à sa nécessité. (…) C’est ici que réside la différence fondamentale entre soigner et guérir. Soigner consiste à traiter la manifestation, le symptôme, notre corps sait le faire et il le fait en permanence. Guérir consiste à modifier les paramètres fondamentaux qui ont conduit à la maladie pour que celle-ci n’ait plus à être et cela, seule notre âme peut le faire ».

Canaliser l’invisible

Michel Odoul souhaite « la réintégration de l’invisible dans notre acception du monde, dimension présente dans toutes les Traditions, [et qui] est fondamentalement nécessaire au processus de guérison ». Il faudra ainsi apprendre à « canaliser l’invisible », dont le refus est la « signature d’une peur infantile face à ce qui nous transcende et nous échappe. (…) De puissantes dimensions agissantes ne sont pas quantifiables ni observables en dehors de ce qu’elles produisent parfois. L’acceptation de ces renoncements est difficile pour notre Moi qui s’était mis à croire qu’il maîtrisait tout ».

Déplorant que nos sociétés matérialistes aient remisé toutes ces pratiques au rang de « croyances irrationnelles voire dangereuses », M. Odoul affirme que « seules les médecines alternatives, confiantes dans ce que les traditions parfois millénaires leur avaient confié, ont préservé autant que possible (pas toujours au mieux) certains rituels, comme la préparation du praticien en shiatsu, le lavement des pieds en réflexologie plantaire, etc. »

Certes, en dehors de ce que la psychologie a établi, il est difficile de « prouver et d’objectiver les informations de l’invisible ».

L’utilité des « techniques mentales »

Pourtant, « l’utilisation de certaines techniques mentales, comme la prière, la méditation, l’expansion des champs de conscience, l’accompagnement psychologique, etc. donne des résultats incontestables dans le traitement de certaines pathologies. Cela pose bien sûr un problème important à une certaine partie de la communauté scientifique, qui nie l’invisible et pour qui ces pratiques sont suspectes ».

La Méditation transcendantale, par exemple, est considérée comme une « secte » en France alors qu’elle a « montré lors de recherches dans des universités et des hôpitaux, une efficacité notable dans les problèmes cardiovasculaires ».

Heureusement, pour les « esprits les plus rationalistes », de nouvelles disciplines apparaissent, comme les neurosciences et notamment la neuro-endocrino-immunologie, grâce auxquelles on pourra à terme « objectiver les mécanismes de la conscience et des émotions, [mettre en évidence] l´incontestable action du psychisme sur le physique ».

– Michel Odoul est fondateur de l’Institut Français de Shiatsu, où sont enseignées diverses approches de santé telles que le shiatsu et sa dimension de psychologie corporelle, les différentes réflexologies plantaires et les huiles essentielles dont la phyto-énergétique, l’utilisation des huiles essentielles comme aiguilles d’acupuncture. Il est également conférencier et intervenant en entreprises. Il a publié, il y a quinze ans, le best-seller Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi.

>> Le livre de Michel Odoul met l´accent sur ce qui, en nous, peut avoir « le pouvoir de nous guérir ». Ce qui demande un certain apprentissage, du courage et beaucoup de prudence. En ce sens, son ouvrage apporte des éléments intéressants pour accéder à une plus grande autonomie dans la gestion de sa propre santé.
On peut regretter, en revanche, que la promesse du sous-titre « De l’écologie individuelle à l’écologie planétaire » ne soit pas tenue. Si la dimension de l´écologie individuelle est bien abordée, elle l´est seulement sur le plan mental/émotionnel, mais pas dans celui de l´écologie proprement dite et le lien avec l´écologie planétaire est, lui, totalement absent…

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