Petite chronique des minorités

L´actualité concernant les minorités spirituelles est généralement passée sous silence, ou publiée sous le seul mode de la stigmatisation, notamment en France. Ouvertures évoque quelques faits significatifs pour tenter de rétablir, un minimum, la balance.

Grande Bretagne : druidisme = religion


Illustration : JP Krasny.

Le Réseau des druides (Druid Network), une organisation réunissant les adeptes du druidisme dans le monde, a reçu le statut d´œuvre de bienfaisance en tant qu´organisation religieuse, conféré par la Charity Commission (Commission des organisations caritatives).

Dans sa décision, la Commission estime que « le Druid Network a été établi dans des buts exclusivements caritatifs en vue de la promotion de la religion et dans l´intérêt public ». Le réseau pourra ainsi bénéficier d´un statut fiscal très avantageux.

Il s´agit du premier culte païen à être reconnu comme « religion » au Royaume-Uni. Les membres de la communauté druidique vénèrent des divinités, comme le tonnerre, le soleil et la terre, ainsi que des esprits, comme les montagnes et les rivières. (Source : AFP)

Le conflit Témoins de Jéhovah/État français devant la justice
européenne

Fin septembre 2010, une plainte des Témoins de Jéhovah, qui accusent la France de porter atteinte à leur liberté de culte, a été déclarée recevable par la Cour européenne des droits de l´homme. Les Témoins de Jéhovah, mouvement d´origine américaine se définissant comme église chrétienne, revendiquent 250 000 fidèles en France où ils ont été classés « secte » par un rapport parlementaire de 1995.

Leur association conteste le refus de la France de lui accorder l´exonération fiscale sur les dons et legs dont bénéficient les associations cultuelles et les congrégations religieuses, un statut qui lui est refusé. Elle se plaint en conséquence du redressement fiscal qui lui a été infligé en mai 1998 et qui porte aujourd´hui sa dette vis-à-vis du Trésor public à 57,5 millions d´euros.

(Source : Reuters)

Un « évêque raëlien » exige des explications

Kimbangu Mundele Piffer, « évêque raëlien » et leader du mouvement raëlien en France, est toujours interdit d’accès au centre nucléaire de production d’électricité de Cattenom, malgré une décision favorable du préfet de Lorraine, par ailleurs confirmée par la Cada (commission d´accès aux documents administratifs). M. Piffer souhaite obtenir des réponses et que lui soit remise une copie de l’avis de la Halde (saisie il y a plus de 4 ans) qui a servi au fondement d’une décision favorable concernant son accès à la centrale nucléaire. Par ailleurs, il attend toujours une explication des raisons pour lesquelles on lui a refusé le droit de travailler sur ces sites dits « sensibles ».

Déterminé à connaître la vérité, il a entamé, fin novembre 2010, une action de protestation (« free hugs« ) illimitée devant la préfecture de Lorraine : « Cela fait 5 ans que je vis un discrédit professionnel pour lequel j´attends des réponses ; 5 ans pour que la préfecture daigne se pencher sur le dossier pour rendre une décision favorable après maintes actions et réclamations, 4 ans pour que la Halde rende une décision que je n´ai toujours par reçue officiellement. »

Discriminations « anti-sectes » : la France pointée du doigt

Le secrétariat d’Etat américain a rendu public son rapport annuel (2010) sur la liberté de religion dans le monde.

Certains gouvernements, comme la France, font preuve de discrimination à l´encontre de groupes spécifiques en alléguant qu´ils sont illégitimes et dangereux pour les individus ou l´ordre social. Ils décrivent ces groupes comme des « cultes » ou des « sectes », ce qui a pour effet de perpétuer la stigmatisation de ces groupes et d´encourager ou d´approuver implicitement les actes de violence contre eux. Cette pratique se révèle relativement courante même dans les pays qui respectent la liberté religieuse à d´autres égards.

En France, si la liberté religieuse est globalement respectée, « la discrimination contre les témoins de Jéhovah, les scientologues et d’autres groupes que la Miviludes considère comme des sectes dangereuses reste une préoccupation. Ces groupes craignent que les rapports de la Miviludes aient contribué à la méfiance du public envers des groupes religieux minoritaires et contribué à des actes de discrimination envers eux ».

Le film Lumière et la question « sectaire »

Le réalisateur Peter-Arthur Straubinger et le distributeur du film Lumière, la société Jupiter Communications, ont réagi au communiqué du président de la Miviludes du 16 décembre 2010.

Affirmant qu’ils « soutiennent l’action de la Miviludes contre les dérives sectaires, et en particulier celles qui utilisent le respirianisme à mauvais escient », ils dénient, dans un communiqué, faire la promotion du respirianisme : « Le film cherche à analyser et comprendre scientifiquement l’absence d’alimentation physique, phénomène dont il existe des indices médicaux et scientifiques forts. Doit-on condamner un film ou un documentaire simplement parce qu’il s’intéresse à un sujet ou un mouvement qualifié par certains de « sectaire » ? (…) Nier l’existence de ce phénomène rare relèverait du déni scientifique ».

Le réalisateur et le distributeur du documentaire soulignent que « le film n’a été financé par aucun groupe, aucune association, aucun mouvement ou autre institution privée ou publique rattachée au respirianisme ou à tout autre organisation désignée comme sectaire ou dangereuse par la Miviludes, mais par des partenaires autrichiens, et notamment l’ORF, qui est l’équivalent de France Télévisions en Autriche. L’intention du réalisateur est claire : confronter la science à ce phénomène et déclencher un débat sur ce phénomène d’inédie, car il suffit d’un seul cas avéré pour bouleverser le dogme scientifique mécaniste-matérialiste et libérer la recherche d’un carcan qui montre ses limites pour expliquer notre monde ».

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