Vient de sortir

Pour Michael Harner, le chamanisme est une «déclaration d’indépendance spirituelle»

L’anthropologue américain Michael Harner, parfois présenté comme la plus haute autorité en matière de chamanisme, publie "Caverne et cosmos. Rencontres chamaniques avec une autre réalité". Dans ce livre qui succède à son ouvrage majeur "La Voie du chamane", il apporte de nouveaux témoignages sur la réalité des au-delà et propose une méthodologie pour un chamanisme universel.

ChamaneLivres, colloques, stages, films, expositions, célébrations : le chamanisme est aujourd’hui à la mode. « Pratique centrée sur la médiation entre les êtres humains et les esprits de la nature, âmes du gibier, morts du clan », le chamanisme a ceci de très moderne qu’il permet à chacun ce trouver sa propre voie en se faisant guider par « l’autre réalité ».

Dans son dernier ouvrage, le grand prêtre du chamanisme, l’homme qui est à l’origine du renouveau de cette pratique un peu partout dans le monde, écrit : « J’espère que ce livre aidera le lecteur à réduire sa dépendance aux dogmes cosmologiques de la religion organisée et de la science. J’espère qu’il vous encouragera à rechercher, ou à poursuivre, vos propres rencontres avec une autre réalité, car celle-ci recèle un incroyable potentiel de compassion, d’aide et de guérison dont nous avons tant besoin dans ce monde. En un sens, il s’agit là d’une déclaration d’indépendance spirituelle, données à l’appui, et d’une invitation à utiliser cette connaissance et cette liberté afin d’apporter plus de sagesse, de compassion et de joie dans votre propre vie et dans celle des autres ».

La « quête de pouvoir » chamanique

harner3Cet homme, le scientifique Michael Harner, n’a pas hésité à mouiller sa chemise, expérimentant en pionnier occidental solitaire, dans une caverne, la « quête de pouvoir » chamanique, à l’instar de nos ancêtres dans les grottes européennes il y a quelques milliers d’années. Ou découvrant la magie musicale du tambour au Pueblo Zuni (Nouveau Mexique) et les savoirs des Jivaros d’Amazonie en 1957, ou s’initiant à ceux des Conibo du Pérou au début des années soixante. Toute son existence a été consacrée à étudier, pratiquer, enseigner et préserver le chamanisme.

La Foundation for Shamanic Studies qu’il a créée recense nombre de documents sur ce thème, en particulier la transcription d’innombrables « voyages » dans l’autre réalité. Parmi ces récits, certains avaient été recueillis auprès de ses étudiants à l’époque où il enseignait l’anthropologie à la Graduate Faculty de la New School for Social Research. Il leur avait proposé un séminaire d’initiation au voyage chamanique, initiation qui était accompagnée d’un enregistrement de tambour. Car Michael Harner avait remarqué que l’accès aux « royaumes sacrés » et le « travail avec les esprits » nécessitaient des catalyseurs : soit l’ingestion de substances psychotropes comme l’ayahuasca, soit le recours aux chants accompagnés de percussions.

La réalité « ordinaire » et la réalité « non ordinaire »

Il fit sur ce sujet une conférence à Berkeley, sous les auspices de l’Université de Californie, qui contribua à l’essor des expériences psychédéliques et à l’avènement du New Age. Il se familiarisa ainsi avec le poète Allen Ginsberg et fut le conseiller de l’anthropologue Carlos Castaneda, célèbre pour son best-seller « Les Enseignements du sorcier yaqui ». Par la suite, il se limita à l’usage du tambour dont le rythme, qu’il estime à 205 à 220 frappes par minute, favorise l’état modifié de conscience qui ouvre les portes de « l’autre réalité », qu’il nomme « non ordinaire », par opposition à celle que nous connaissons tous habituellement.

Pour lui, les « esprits » et leurs « pouvoirs » cognitifs et thérapeutiques sont réels mais accessibles uniquement par l’expérience. Notamment l’expérience chamanique que l’on peut retrouver dans de nombreux pays chamans (sibériens, par exemple) et à de nombreuses époques (sous la forme de la sorcellerie au Moyen Âge).

Michael Harner est le concepteur d’une sorte de pratique de divination et de guérison universelle, qu’il nomme le core shamanism et qu’il présente comme une « méthodologie d’enseignement en vue d’intégrer le chamanisme à la vie quotidienne ».

 

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