Un rassemblement citoyen pour défendre les médecines douces

Les médecines non-conventionnelles (MNC, terme officiel pour désigner les médecines naturelles et traditionnelles) viennent pour la première fois de se constituer en réseau national. L’Alliance pour la santé (APS) a vu le jour ce mardi 24 novembre à l’occasion d’un meeting à la Mutualité (Paris). Avec le soutien d’un mécène politique, Jean-Marc Governatori.

Lors du meeting de lancement de l´Alliance pour la santé.
De g. à d. : Isabelle Robard, J.-M.Governatori et Luc Bodin.

Photo : JL ML.

 L’Alliance pour la santé, qui se présente comme un « rassemblement citoyen apolitique », va se constituer en réseau d’associations et d’individus concernés par la santé (médecins, naturothérapeutes, éducateurs de santé, citoyens).

Elle a pour vocation « d’être l’interlocuteur des pouvoirs publics pour une politique de santé » et non plus seulement de « traitement des maladies ».

L’APS repose sur un comité de pilotage national composé d’une dizaine de personnes (praticiens de santé et responsables de journaux de santé comme Biocontact, Votre Santé, Santé Port-Royal).

Elle s’appuie également sur un comité de rassemblement de plus de cent personnes chargé d’apporter des idées et de rassembler les partisans d’une politique de santé privilégiant la prévention.

L’adhésion à l’APS a été fixée à seulement 5 € pour pouvoir rassembler un maximum de personnes sensibilisées.

L’APS, qui compte avoir au moins deux référents par départements, est présidée par Michèle Richet, responsable de la commission santé de la France en action (FEA), mouvement politique fondé en 2004 par Jean-Marc Governatori. Ce dernier, qui avait vendu ses entreprises pour se consacrer à l’action politique, finance ce tout nouveau « lobby » des médecines douces dont les principaux mots d’ordre sont : prise de conscience par le malade du sens de sa maladie et de ses responsabilités en matière de santé ; alimentation variée, bio, plutôt végétale ; préservation de l’environnement, éducation à la santé ; liberté thérapeutique ; coopération de toutes les pratiques de santé sans exclusive.

Initiative politique ou citoyenne ?

Reste une question qu’il faudra éclaircir dans les mois qui viennent : si ce nouveau réseau se veut « citoyen et apolitique », comment expliquer le soutien que lui apporte J.-M. Governatori, président d’un parti politique ? Est-ce de sa part un soutien passager, le temps que le mouvement acquière son autonomie ? Ou est-ce pour M. Governatori un tremplin pour rebondir en utilisant une vague porteuse après ses échecs électoraux, comme le lui reprochent notamment la Ligue nationale pour la liberté de vaccination (LNLV), le docteur homéopathe Martine Gardénal et l’écrivain Sylvie Simon, qui l’avaient accompagné un moment ?

« Une soirée historique »

Un congrès national, proposant une journée pour les professionnels et une journée pour le public, sera organisé les 16 et 17 octobre 2010 en région parisienne. Pour diffuser la bonne parole, une webTV consacrée aux MNC et à l’écologie, baptisée Ecologisme-TV, se met actuellement en place. Un grand sondage national va être commandé pour « avoir enfin des chiffres sur les modes de consommation » des MNC et pour recueillir les besoins de changement au sein de la société.

Enfin, une journée de soins gratuits sera offerte aux plus démunis par les praticiens de santé le 16 avril 2010 dans le cadre d’une Journée nationale des pratiques de santé.

 « C’est une soirée historique, s’est enthousiasmé Daniel Kieffer, président de la Fédération française de naturopathie et de l’Union européenne de naturopathie, qui animait le meeting. Depuis 35 ans que je suis engagé dans ma démarche, je n’avais jamais vu un tel rassemblement ! Nous devenons cohérents, puissants par le nombre. Nous pouvons désormais peser politiquement et financièrement. C’est un langage que les décideurs comprennent. »

A la tribune se sont succédés notamment le cancérologue Dominique Belpomme ; le docteur Luc Bodin, diplômé en cancérologie clinique, spécialisé en médecines douces ; Françoise Joët, présidente d’honneur de l’Association liberté information santé (Alis) ; l’avocate Isabelle Robard, qui œuvre depuis plus de 15 ans pour la légalisation des MNC ; l’Indien Kiran Vyas, qui a fondé trois écoles ayurvédiques et qui fut l’un des plus proches collaborateurs du Mahatma Gandhi ; Philippe Desbrosses, agriculteur, docteur en sciences de l’environnement, pionnier de l’agriculture biologique…

>> L’Alliance pour la santé.

>> Interview de Jean-Marc Governatori.

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