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Votre Santé : « La libre circulation des informations est une liberté à préserver coûte que coûte »

Votre Santé (6 500 abonnés), victime de « harcèlement » administratif, suspend sa parution. Son rédacteur en chef Pierre Andrillon, frère du directeur de la publication, répond aux questions d’Ouvertures.

– Ouvertures.- En quoi consiste le harcèlement de l’administration, de pressions et de contrôles ayant motivé la suspension de la publication ?

Pierre Andrillon.- Tout a commencé par le non renouvellement de notre numéro d’inscription à la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP, qui permet de bénéficier de certains avantages économiques), il y a six ans. Nous avons contesté cette décision et obtenu une inscription temporaire, pour deux ans. Tous les deux ans, nous devons monter un nouveau dossier et repasser sous les fourches caudines des autorités. Depuis plus d’un an, nous attendons d’ailleurs le renouvellement.

Pierre Andrillon, rédacteur en chef. Michel Andrillon, directeur.

Il a fallu faire de nombreux recours pour conserver (à titre temporaire et renouvelable tous les deux ans) ce numéro et parvenir à prouver que nos publications sont “conforme aux données acquises de la science”. Nous avons annoncé des années avant les médias la plupart des scandales de santé de ces dernières décennies, mais on a toujours tort d’avoir raison trop tôt ! Les autorités de tutelle ne peuvent pas nous éliminer ouvertement.

De plus, nous subissons depuis le début de l’année 2011 un contrôle fiscal. Ligne par ligne, les écritures comptables de la revue (association loi 1901) sont analysées. Des pénalités supérieures aux recettes de l’association vont certainement lui être infligées. Ces tracasseries, outre le travail considérable qu’elles génèrent pour répondre aux investigations de l’administration, nous asphyxient. Il est impossible de poursuivre notre mission d’information dans ces conditions. C’est l’élément déclencheur de notre décision de suspendre temporairement la parution.

– Vous évoquez également une « répression » qui toucherait des médecins, des thérapeutes, des labos alternatifs, etc. Pouvez-vous donner des exemples ?

Les derniers exemples en date sont les fermetures des laboratoires de Bernard Christophe, du Dr Schaller et du laboratoire de la Meinau à Strasbourg. Ces labos pratiquaient des analyses basées sur les principes de la BEV (bioélectronique de Vincent). Seront-elles interdites à tous les labos ?

Et aussi Andrée Sixt, infirmière, condamnée pour avoir publié des écrits du Dr Hamer ; le Dr Jacques Benvéniste, poursuivi et exclu du CNRS où il était directeur de recherches, pour ses recherches iconoclastes sur la mémoire de l’eau ; Mirko Beljanski, chercheur à l’intitut Pasteur, exclu pour avoir découvert la transcriptase inverse ; sans compter Albert Bohbot, podologue, Jacqueline Bousquet, biologiste, les docteurs de Harven, Bruno Donatini, Dumas, Elmiger, Gardénal (interdite pour n’avoir pas dénoncé des patients utilisant des produits alternatifs !), Groussac, Lanctôt (interdite pour avoir contesté l’Ordre des médecins au Canada), Montain, exilé à l’étranger, Scohy, exilé à l’étranger, Tal Schaller, exilé, Vercoutère, J-P. Willem, etc. Tous ces héros de la médecine, qui furent exclus ou interdits, sont des auteurs-contributeurs réguliers de la revue.

– Le rôle des pouvoirs publics est bien de veiller à éviter des dérives et des pratiques charlatanesques. On peut donc comprendre leur souci de s’appuyer sur ce qui a été validé scientifiquement.

– Oui, d’autant plus que même parmi les méthodes, les médicaments et les produits de santé dûment estampillés par les autorités de santé (ministères, Académie de médecine, Agence du médicament), nombreux sont les destructeurs de la santé dont le Mediator en a été la dernière parfaite illustration (et combien de centaines d’autres). Mais c’est surtout au lecteur qu’il faut faire confiance pour décrypter les informations qui aujourd’hui sont en libre circulation, surtout grâce à la révolution d’Internet, comparable à celle qui s’est produite après l’invention de l’imprimerie. Les pouvoirs publics sont trop corrompus. C’est à l’utilisateur, doté de son esprit critique, d’éviter les dérives et de fuir les charlatans.

– Que proposeriez-vous pour garantir à la fois une info pluraliste et la précaution contre des abus de démarches mercantiles et non fondées ?

– Certainement la meilleure protection est le savoir, la connaissance et la culture, constitutifs d’un “esprit critique”.

Le lecteur, le citoyen, l’usager doit être capable premièrement de faire la différence entre l’information et la publicité. C’est très difficile car la confusion est habilement entretenue par les “spins doctors” employés par l’industrie de la santé, qui échafaudent des plans de communication très sophistiqués à base d’interviews, d’articles rédactionnels et émissions audiovisuelles destinés à créer un besoin et une pulsion d’achat. Dans les revues médicales dont tout le monde sait bien qu’elles sont financées par les labos, la démarche mercantile est clairement affichée, c’est plus facile de débusquer la propagande. Mais elles constituent l’exception qui confirme la règle.

Chacun doit ensuite avoir un minimum de connaissances médicales. Être capable de faire la différence entre une banale gastro et un cancer du colon, entre une bonne grippe et une broncho-pneumonie chronique obstructive ou entre une douleur intercostale et une crise cardiaque.

Enfin notre culture pourra nous protéger contre les assauts des marchands de pilules miracles, comme les vaccins, censés nous protéger de toutes les maladies alors qu’ils sont d’abord une intrusion. Une culture du respect de son être, territoire sacré, du respect de l’autre et de toute la création qui nous entoure pourrait constituer un sérieux garde fou contre les abus des bonimenteurs, qu’ils soient alternatifs ou officiels. La libre circulation des informations est une liberté à préserver, coûte que coûte.

– Comment a été créé le magazine ?

La revue a été fondée en 1962 par Marcel Andrillon avec deux collaborateurs (premier certificat d’inscription à la CPPAP en 1964). A l’origine, c’était une revue d’actualité de la médecine officielle et des médecines naturelles.

En 1986, au décès du fondateur, Michel et Pierre Andrillon lui ont succédé avec une équipe de douze permanents. De publication d’actualité elle est devenue une revue de combat axée sur la défense des libertés des acteurs de la santé : liberté de choisir sa médecine, liberté de prescrire et liberté vaccinale.

Michel Andrillon, graveur de formation, est l’éditorialiste. Je suis journaliste. En 1980, j´ai créé, avec Jean-Marie Bugat, alias Denis Clair, une des premières radios libres, “Radio Paris”. Je travaille aujourd’hui à plein temps et bénévolement, chez Votre Santé.

– Jusqu’à aujourd’hui, combien d’abonnés ?

– La revue est envoyée à 6500 abonnés. Elle est rédigée par des usagers, des responsables d’association, des chercheurs, des professionnels de santé, des journalistes et des professeurs de médecine, environ deux cent contributeurs réguliers. Elle ne comporte aucun salarié. Editée par une association loi 1901, elle ne fait aucun bénéfice.

– Avez-vous des concurrents sur le même terrain ?

– A ma connaissance, aucune revue ne fonctionne actuellement sans publicité, ni aucune revue d’opposition ouverte aux laboratoires pharmaceutiques, vendue en kiosque, n’existe.

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11 commentaires pour cet article

  1. Je suis tout à fait d´accord avec vous dans l´idée. En effet, la censure ne devrait pas exister. Ainsi, je tiens simplement à vous rappeller que l´utilisation de l´argent à des fins aussi variée soit-elle, est un fardeau pour l´humanité, au sens global du terme. Car nous sommes tous aptes à ressentir la douleur de nos concitoyens, de l´humanité, et qu´en cela, nous devons la protéger au maximum.

  2. Ping : Mensonges et erreurs de Marc Jaspard, soi-disant biochimiste inconnu

  3. Bonjour
    Je vous demande d’annuler l’abonnement de 29€ à Pierre Andrillon.
    Je ne me suis pas abonnée ou alors c’est une erreur.
    Merci de me désabonner.
    N.Courtois

  4. Bonjour ,
    Pourriez vous me dire si votre revue existe toujours ,j’ai d’anciens numéros datant de 2006.
    Il y a donc longtemps !!
    Quand je vous recherche sur le Net ,je ne vois pas de publications récentes ,je ne crains que vous ayez eu des soucis avec le diktat médical …..
    Sinon ,je souhaiterai m’abonner ou alors comme avant ,savoir si la revue est toujours diffusée en maison de la presse ,je vous avoue que sur Clermont ,ou je réside ,je ne l’ai pas trouvée ,hélas !
    Je vous remercie infiniment par avance de la réponse que vous pourrez apporter à ma demande ,et je vous assure de toute ma sympathie .
    Bien cordialement !
    Danielle Ostermann.

  5. Monsieur, Madame,
    Après lecture des differents témoignages, est-il possible de se réabonner, ou tout sim-
    plement d »acheter par correspondance d’anciens numeros ?
    Avec mes remerciements, Recevez, Monsieur, Madame, mes sincères salutations.
    Mme SIVRY

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