La HAS va élaborer des critères de qualité pour la presse médicale

La Haute autorité de santé (HAS) a entrepris une réflexion pour définir des critères de qualité des revues et journaux de la presse médicale. S’ajoutant à ceux du HONcode (pour les sites internet), ces critères permettront-ils d’accroître réellement la qualité de l’information diffusée dans ces médias ?

Selon la note de cadrage rédigée par la HAS à ce sujet, l’objectif est double : élaborer des critères de qualité de la presse médicale (portant par exemple sur les déclarations d’intérêt, l’identification claire de la publicité, le fonctionnement des comités de lecture et les procédures de relecture) ; voir comment le respect de ces critères peut être reconnu par les pouvoirs publics dans un objectif d’amélioration de la qualité.

La HAS a pour mission générale d´informer les professionnels de santé et le grand public et de définir des démarches qualité pour des moyens d’information, qu’il s’agisse des  logiciels d’aide à la prescription, de sites internet ou de la visite médicale.

Pour construire ces nouveaux critères de qualité, l’administration s’appuiera sur les expériences acquises, sur une recherche bibliographique internationale, sur la possibilité d’en mesurer le respect.

La réflexion sur les critères envisagera les axes thématiques suivants : les caractéristiques de la diffusion, la place de la publicité, l’information sur les sources de financement, l’information sur les annonceurs, la publicité rédactionnelle, les comités de lecture et les procédures de relecture, les déclarations des liens d’intérêt des comités de rédaction/scientifique/de lecture, la bibliographie, les signatures et la déclaration des liens d’intérêts des auteurs d’articles…

Un groupe projet fera un travail préparatoire qui associera les acteurs concernés : éditeurs, responsables de rédaction, lecteurs.

Les limites du HONcode


Dominique Dupagne
ne croit plus au HONcode.

Absolument indispensable, il est à craindre néanmoins que cette démarche s’avère encore insuffisante, si l’on en juge par l’expérience du HONcode (Health on the Net) existant.

Le HONcode est une certification accordée par une organisation non gouvernementale (ONG) suisse à laquelle de nombreux sites médicaux recourent d’ores et déjà.

Cet organisme est accrédité par la HAS dans le cadre de son obligation « d´établir une procédure de certification des sites informatiques dédiés à la santé et des logiciels d´aide à la prescription médicale ayant respecté un ensemble de règles de bonne pratique ».

Le problème est que cette certification n’oblige qu’au respect de certains principes déontologiques fondamentaux. Elle ne dit absolument rien de la qualité réelle de l’information diffusée sur les sites.

A tel point, par exemple, que le docteur Dominique Dupagne, qui y avait adhéré pour son site Atoute, vient de supprimer le sceau de ses pages.

Il explique : « Le sceau HONcode, attribué après audit est arboré sur le site certifié, gage d’une qualité présumée. Qualité présumée car le HONcode, comme vous pouvez le constater, ne dit pas un mot de la qualité intrinsèque des informations présentées sur le site certifié. Cette qualité est censée découler des principes généraux et déontologiques exprimés en huit points. C’était un pari audacieux. Pari à mon sens perdu. Le seul crédit (significatif) à apporter à la certification HONcode est d’avoir poussé de nombreux sites à aller vers plus de transparence ».

Le docteur ajoute : « La majorité des sites financés par l’industrie pharmaceutique arborent fièrement le HONcode. Pire, cette dépendance financière est le plus souvent masquée. En effet, la formule retenue est désormais « Le site machin est entièrement financé par l’association truc ». Le lecteur ne saura pas que l’association truc est elle-même financée à 80% par l’industrie pharmaceutique. Le HONcode ne permet plus de savoir qui paye l’information délivrée. (…) Pire, des sites de qualité se voient contester leur HONcode sans raison valable, alors qu’ils sont critiques vis-à-vis d’une certaine pensée unique médicale ou de certains médicaments.

Enfin, il est question dans les médias que Doctissimo obtienne le HONcode, ce qui serait le pompon. Malgré tout le respect que j’ai pour la réussite financière de ce site, la publicité est tellement bien intégrée au contenu qu’elle en devient parfois indiscernable.

Cette dérive était prévisible : face à des intérêts commerciaux majeurs, le HONcode était trop « naïf » et son contournement était inévitable. Le petit apport en terme de transparence est annulé par un crédit injustifié accordé à des sites ou associations qui dissimulent leurs financements ».

Pour aller plus loin :

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