Un fonds pour le journalisme d´investigation

La ministre belge de l´audiovisuel de la Communauté française Fadila Laanan va créer un instrument de soutien au journalisme d´investigation, doté de 250 000 euros en 2009.


Fadila Laanan
Photo Alexis Haulot

L’annonce a été faite lors d´une table ronde organisée mi-avril avec les représentants des éditeurs et des journalistes et les administrations concernées. Le soutien au journalisme d´investigation fait suite à une demande formulée par journalistes et éditeurs. Le budget devrait être confié à l´Association des journalistes professionnels (AJP), qui représente les journalistes salariés et indépendants des médias écrits, audiovisuels et électroniques. Objectif : « garantir la disponibilité de contenus journalistiques de qualité nécessitant une forte implication journalistique et destinés à être publiés dans les médias qui n´auraient plus les moyens financiers suffisants ». Ces fonds seront accessibles à des journalistes salariés comme indépendants, de la presse écrite comme de l´audiovisuel.

Le projet doit s’accompagner de la mise en place d’un jury indépendant et de la définition de critères et du montant maximum des aides.

Le Conseil de déontologie journalistique

Les élus belges francophones ont voté fin mars à l´unanimité la création d’un Conseil de déontologie journalistique (CDJ) en Communauté française. Selon l´Association des journalistes belges (AJB), le futur dispositif à deux étages garantit à l’ensemble une totale indépendance à l’égard des pouvoirs publics.
Une « Instance d’autorégulation de la déontologie journalistique » (IADJ) sera reconnue par le gouvernement de la Communauté française. Créée sous forme d’association sans but lucratif, elle sera paritaire et financée à parts égales par les éditeurs d’un côté, les journalistes de l’autre. La part des journalistes sera assurée par une subvention de la Communauté française, versée à l’Association des journalistes professionnels (AJP).

L’IADJ créera en son sein un Conseil de déontologie de 20 membres : 6 représentants des journalistes, 6 représentants des éditeurs, 2 représentants des rédacteurs en chef et 6 représentants extérieurs au secteur. Elle bénéficiera d’une structure permanente. IADJ et CDJ devront être mis en place à l’automne 2009.

Le CSA soulagé

Le Conseil supérieur belge de l’audiovisuel (CSA), de son côté, s’est réjoui de disposer « désormais d´un partenaire avec lequel il pourra collaborer et auquel il pourra transmettre les plaintes relatives aux questions d´information qu´il reçoit régulièrement et en nombre important. Jusqu´ici, le CSA était forcé de juger ces plaintes irrecevables, parce qu´il n´est pas compétent pour contrôler le respect des règles de déontologie journalistique. (…) Le CSA viendra renforcer et compléter l´action du CDJ dans trois cas de figure : les cas de récidive ; les ingérences des patrons de chaîne dans l´indépendance des rédactions ; la gravité d´une infraction ».

Fin 2007, le gouvernement de la Communauté française avait adopté un avant-projet de décret « pour répondre aux attentes de ces associations représentatives des journalistes et des éditeurs, ainsi que pour rencontrer les demandes du public face à certaines dérives déontologiques du secteur des médias » (le communiqué sur la déontologie journalistique).

États généraux des médias à la rentrée

Enfin, la ministre a préconisé l´organisation d´États généraux des médias, demandés également par la presse périodique, les radios, les télévisions locales, l´AJP, etc. Le Parlement de la Communauté française a décidé d´organiser ces EGM à l´automne prochain.

Le site de la ministre.

 

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