Philosophie

Dieu existe, je l’ai rencontré… avec ma raison

Frédéric Guillaud livre bataille contre l’exclusion de la transcendance du débat public. Une exclusion qu’il juge illégitime. C’est ce qu’il tente de démontrer dans un ouvrage assez spéculatif intitulé "Dieu existe, Arguments philosophiques", Editions du Cerf. S’en prenant principalement au scientisme et au kantisme, il déroule ses arguments avec brio, rejetant la charge de la preuve sur l’athée dans sa prétention à bannir la question de l’existence de Dieu de toute discussion publique.

Dieu existeCe livre parle de Dieu, mais pas de religion : « Son but, explique l’éditeur, n’est pas de plaider la cause d’une quelconque confession, avec ses dogmes et ses préceptes, mais d’examiner la question de savoir s’il existe un être suprême, suffisamment distinct du monde pour qu’on puisse l’appeler « Dieu ».

GuillaudL’auteur, Frédéric Guillaud, ancien élève de l’École normale supérieure, est agrégé de philosophie. Sa démarche est ambitieuse : tenter de montrer que l’on peut développer des arguments purement philosophiques tendant à prouver qu’il existe un Dieu. Sa recherche, qui s’appuie sur les seules ressources de l’expérience et de la logique, peut donc tout à fait entrer dans un dialogue entre croyants, athées et agnostiques.

Les arguments convoqués sont de deux ordres. Les premiers partent du constat que l’univers physique ne se suffit pas à lui-même, qu’il ne saurait donc exister sans avoir une cause transcendante.

Les seconds, qui se fondent sur l’analyse des idées et des aspirations humaines, arrivent à la conclusion anti-voltairienne que « si Dieu n’existait pas, nous ne pourrions pas l’inventer ».

Ces deux types d’arguments, qui furent d’abord élaborés par les philosophes de l’Antiquité et les théologiens du Moyen Age, sont mobilisés à nouveaux frais, nourris par les travaux des philosophes anglo-saxons contemporains.

Démarche audacieuse

Mais la démarche est aussi audacieuse. En effet, l’auteur s’attaque aux objections les plus couramment opposées à une telle entreprise : le freudisme réductionniste, le matérialisme « scientiste » et le fidéisme kantien.

C’est à propos de Kant, d’ailleurs, que la charge de l’auteur est la plus vigoureuse. Selon lui, le kantisme a produit l’effet pervers d’évacuer à priori de l’agora la question de l’existence d’une cause première toute-puissante et transcendante. Et cela, en raison de deux faiblesses de raisonnement.

La première est d’affirmer, « comme le scientisme, qu’il n’existe de connaissance que scientifique ». La seconde est de « prétendre qu’il est impossible de sortir de la sphère des phénomènes sensibles pour poser l’existence d’êtres non sensibles. (…) Si l’on refuse à priori que l’existence de Dieu soit l’objet d’une argumentation démonstrative susceptible d’une discussion publique (…), on ruine les conditions du débat intellectuel ».

“Ainsi la philosophie est-elle finalement chassée de la cité”

Or, le kantisme « constitue la superstructure idéologique de la démocratie procédurale européenne. En affirmant que les convictions métaphysiques n’ont de valeur autre que subjective et privée, le kantisme justifie l’exclusion de ces dernières hors de l’espace public. [Le régime démocratique européen] se caractérise par la mise à l’écart de la sphère publique non seulement de la religion, mais de tout engagement métaphysique sur le sens de l’existence, le fondement de la morale, la nature de l’homme, le but de la vie humaine, la définition du bien et du mal, du bon et du mauvais, perçus depuis les Guerres de religion comme sources de querelles et ferments de guerre civile ».

Et il conclut : « Ainsi la philosophie est-elle finalement chassée de la cité, pour être remplacée par une discussion purement technique sur les moyens de régler la machine sociale, loin de toute interrogation sur le sens de la vie collective ».

Evoquant la « théologie naturelle », une approche qui intègre la transcendance sans la réduire à une religion ou une époque particulière, Frédéric Guillaud s’attaque également, en douceur, à la théorie darwinienne en s’efforçant de montrer que « si l’on ne peut démontrer l’existence de Dieu de manière certaine, [celle-ci] est tout de même l’explication la plus probable ».

Nécessité d’une cause « incausée »

Mais, à notre sens, l’argumentation la plus originale et la plus forte de l’ouvrage concerne l’absolue nécessité d’une cause « incausée » à l’univers, une cause distincte de lui. Nous invitons le lecteur intéressé par la démonstration à entrer dans le livre. Mais attention, si vous n’avez pas pu achever votre lecture de la « Critique de la raison pure » de Kant, vous aurez du mal à suivre…

Un regret : que l’auteur, qui enseigne au séminaire de Versailles, n’ait pas dit quelques mots sur sa foi catholique, ni indiqué de quelle façon il a pu la mettre de côté ou, au contraire, de quelle façon il a été influencé par elle pour conduire sa démonstration. Certes, celle-ci, comme nous l’avons dit, reste sur le strict chemin de l’argumentation spéculative et ne s’appuie sur aucune religion particulière. La discussion reste donc possible avec tout esprit ouvert.

Reste qu’un léger parfum d’émotions personnelles affleure parfois qui aurait été moins gênant si l’auteur avait été plus explicite sur sa foi…

 

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30 commentaires pour cet article

  1. A son « Ainsi la philosophie est-elle finalement chassée de la cité, pour être remplacée par une discussion purement technique sur les moyens de régler la machine sociale, loin de toute interrogation sur le sens de la vie collective », j’ajouterais :”laissant ainsi le discours public sur le sens aux seuls dogmatiques de toutes tendances, et en particulier aux extrémistes”.

  2. Le désir d’Autre de l’homme a besoin d’être comblé. Il le serait, il me semble, s’il savait faire marcher autant son coeur que sa raison. Les religions, trop particularistes, apaisent sa soif de transcendance sans l’étancher. Si on refuse les religions sans rien mettre à la place, on favorise, on suscite les extrémismes, l’exaspération des différences et leur revendication jusqu’à l’affrontement suicidaire.

  3. L’argument de la cause premiere est stupide, ressassé depuis des siècles. Si vous postulez l’existence d’une cause-qui-ne-nécessite-pas-de-cause, vous pouvez tenir le même raisonnement avec la phénomène physique de la création de l’univers. Inutile de multiplier les entités pour arriver au même résultat.

    Quant à « si Dieu n’existait pas, nous ne pourrions pas l’inventer », alors la je suis vraiment perplexe, tant il est naturel pour l’homme de créer une infinité de superstitions pour boucher les trous de son savoir. On a littéralement des millions d’examples de ceci. Zeus n’existe pas, et pourtant nous l’avons inventé…

  4. Affirmer que “Dieu existe” ou que “Dieu n’existe pas” sont des positions tout aussi absurdes l’une que l’autre.

    La pensée est un processus clivant par nature, et la sempiternelle rhétorique/polémique à propos de l’existence de “Dieu” ou non – peu importe ce à quoi réfère ce terme- en est un example évocateur parmi tant d’autres.

  5. Peu importe de quel côté du clivage l’on se trouve, il n’en reste pas moins que la pensée est issue d’un processus de conditionnement. Donc finalement, la question de l’existence de “Dieu” ou pas est très triviale et superficielle: il s’agit d’une simple projection de notre esprit spéculatif et non libre, qui n’a réellement que très peu d’importance, voire complètement aucune. Il s’agit manifestement d’une diversion quant aux réelles questions urgentes et aux défis que le monde et la vie présentent.

  6. Une chose semble certaine, c’est que la spéculation sur l’existence de “Dieu” ou pas s’inscrit déjà dans un modèle de pensée très occidentalisé, et le cadre même de cette interrogation est très, très, limité. Pour l’esprit réellement religieux, c’est-à-dire participant de l’essence même de la philosophie en tant qu’incarnation d’une pensée vivante, et non en tant que pratique, activité, discipline, profession ou le prolongement d’une tradition ou d’une école, quelles qu’elle soient, cette interrogation n’a vraisemblablement aucun sens, d’autant plus si elle ne sert qu’à conforter ses propres conclusions, intimes ou personnelles sur la question, n’est-ce pas?

  7. Je sais de quoi je parle, c’est tout. Mais à chacun de faire la clarté sur ses propres sentiments sur la question.

    Le titre de ce livre me fait penser à des affiches de propagande des “jeunesses catholiques” qui étaient placardées un peu partout dans la ville où je réside il y a quelques mois. Il y était écrit:” Dieu existe, que vous le voulez ou non”.

    Plutôt agressif pour des “bénis oui-oui”, n’est-ce pas ?

  8. Pour investiguer sur l’existence de “Dieu”, il faut déjà commencer par comprendre ce qu’il n’est pas, à savoir’ tout d’abord: “un être suprême suffisamment distinct du monde”…

  9. Vous connaissez sûrement l’expression: “l’homme a créé Dieu à son image”. Maintenant, qu’en est-il d’un homme, homme ou femme, d’un esprit, qui n’a aucune image?

    Je vous laisse réfléchir à cela si vous le voulez bien.

  10. Une fois que vous aurez bien réfléchi à cela, une autre question est: “Comment quelque chose d’atemporel pourrait-il exister?”…

    Ensuite, “quelle est la nature du temps?”

    Puis, “qu’est-ce que la pensée?”

    Etc.

  11. Et peut-être, alors, arriverez-vous au point de l’évidence même que la nature fondamentale de ce que l’on appelle “Dieu”, son essence véritable, est tout simplement sa non-existence. C’est parce qu’il n’existe pas que “Dieu” est. Et vous pourrez alors dire: ” Dieu n’existe pas, je l’ai rencontré” 😉

    Vous comprendrez alors l’absurdité des croyances et des religions organisées qui toutes prétendent et promeuvent l’existence de ce qui n’existe pas, berçant le monde de leurs nombreux dogmes et illusions.

  12. Une simple recherche internet donne de la matière au verbe utilisé: “exister”

    “Et au début, était le Verbe”, ne disent-ils pas, d’ailleurs?

    “Du latin existere, de ex et sistere ” être placer “. Lié à ” station”, mot venant du latin statio ” position permanente “, de satum, de stare ” se tenir debout, immobile, ferme”.”

    La vie, tout comme la vérité, s’il en est une, n’est ni statique, ni permanente, ni immobile. La vie est mouvement. Seuls les symboles, images, dogmes, concepts et conclusions sont statiques, immobiles, permanents. Ils sont du domaine de la tradition, de l’autorité, du mensonge.

    Ce qui existe, et notamment le “soi” sur lequel se base le courant “existentialiste”, ainsi que la chrétienté toute entière avec son idée/concept d'”âme”, tout ce qui existe donc, est voué à mourir, à disparaître. Seul ce qui n’existe pas, et qui n’est pas non plus une illusion, ou une imagination, relève de l'”éternité”, ou de l'”immortalité”. Mais “rencontrer” cela est une toute autre “paire de manches”, si je peux me permettre l’expression.

    Investiguer sur ce qui relève de l’atemporel nécessite un esprit vraiment religieux, dans le sens de tout-à-fait étranger ou différent de ce que toutes les religions et traditions ont jamais présenté. Un esprit qui a mis de côté définitivement les histoires, concepts et croyances héritées de la tradition, et qui est capable de voir et d’écouter à la fois soi-même, l’autre, le monde et la société.

  13. @Bong : il me semble que vous tapez un peu à côté de la plaque. En effet, la démarche du livre est épistémologique et non ontologique. L’ontologie, sur laquelle porte l’essentiel de vos arguments, ne constitue qu’une (petite) partie de l’ouvrage.
    Vos commentaires gagneraient en intérêt si vous aviez lu l’ouvrage…

  14. @M.Lagardette. Je viens de (re)lire votre article, et je dirais que de nombreux éléments d’information présentés permettent de prendre conscience de la nature de l’ouvrage sans l’avoir lu au préalable. Ainsi, votre travail d’information a vraisemblablement porté ses fruits.

    Premièrement, le titre du livre indique que l’auteur s’adresse plutôt à des personnes pour qui il va déjà de soi ce que le terme “Dieu” veut dire et à quoi il réfère. La référence à “Dieu” apparaît donc implicite, et repose sur des bases épistémologiques, c’est-à-dire sur la connaissance implicite de ce qu’est ou pourraît être “Dieu”.

    Il y a ainsi l’idée que “Dieu” est un objet commun de connaissance et que le lecteur, tout comme l’auteur, sait de quoi il parle lorsqu’il se réfère à “Dieu”. Or, rien n’est moins évident que cela, et d’autant plus dans les civilisations de type occidental héritant principalement de l’influence judéo-chrétienne.

    Car dans ce contexte particulier, “Dieu” est et a toujours été présenté comme un objet de croyance, enrobé d’histoires, de mythes, d’imageries symboliques, de concepts et de dogmes: la “pilule” des religions organisées en quelque sorte, empêchant la pensée d’enfanter la raison…

    Introduire du rationnel dans cette nébuleuse imaginaire est donc bienvenu, mais si cette même raison se base sur des éléments inquestionnés et imaginaires pour se développer, alors elle s’avère soit biaisée, soit vouée à l’échec dans sa tentative d’explication ou de conception, s’exposant ainsi à l’erreur ou à la non-factualité.

    L’accent est ensuite porté sur la notion d’existence, c’est-à-dire sur un attribut ou une propriété de cet objet de pensée qu’est “Dieu”. Une thèse ontologique sur un objet de connaissance implicite semble donc être la démarche de ce livre.

    Vous nous informez ensuite que l’auteur utilise principalement des arguments de nature épistémologique pour soutenir cette thèse ontologique, et que l’essai aurait également une connotation politico-sociologique en exposant une interrogation sur le “débat public”. Il ne s’agit manifestement donc pas d’un questionnement purement rationnel, mais d’un développement intellectuel d’ordre plus général.

    Dans tout questionnement ontologique, l’objet de pensée peut tout aussi bien être que ne pas être, et il ne s’agit donc pas de prendre position pour tel ou tel opposé de la dialectique.

    Pour un théoricien de la connaissance comme Karl Popper, par exemple, l’expression “Dieu existe” a un sens, mais n’est pas scientifique, car elle ne peut être réfutée. Pour ma part, je maintiens que l’expression “Dieu existe” et son corollaire “Dieu n’existe pas” n’ont aucun sens, car elles introduisent un attribut ontologique sur un objet de connaissance implicite dont la nature est totalement confuse.

    De telles assertions n’ont de raison que dans le dévoilement de la nature implicite de l’objet de pensée dont il est question, et dans sa résolution. A savoir, elles amènent à la prise de conscience de la présence de l’idée implicite sous-jacente que “toute chose existe”, et donc qu’au sens ontologique du terme, “Dieu” serait une “chose”. Arrivé à ce point, encore une fois, rien n’est moins évident. En effet, quel arbitraire obscur indiquerait que “Dieu” est un étant plutôt que rien, sinon un acte de foi, ou de croyance ?

    Vous voyez donc bien que cet objet de pensée qu’est “Dieu”, emprisonné dans la dialectique ontologique de l'”être” et du “néant”, ne peut avoir de résolution rationnelle dans ces conditions, comme vous l’avez bien senti en évoquant notamment à la fin de votre article, la “foi catholique” non explicitement affirmée ou présentée par l’auteur, suggérant un éventuel manquement à l’honnêteté vis-à-vis du lecteur, qui ne trompera cependant personne au vu du titre assez évocateur du livre.

    Cette incohérence liée à à la nature politico-sociétale du traitement du fait religieux dans la société dénote du conflit entre “croyants” souhaitant exposer (et souvent imposer) leur foi au reste de la société, et “laïcs” souhaitant reléguer cette foi dans la sphère personnelle et privée, d’où la dichotomie exposée par l’auteur. Sans parler des “athées” souhaitant éventuellement bannir, et parfois à juste titre (selon le vieil adage de “Mieux vaut ne point parler de ce dont on ne sait rien”), toute référence à Dieu dans l’espace public.

    A défaut donc d’être un questionnement rigoureux sur la nature de Dieu, ce livre se présente donc comme une sorte de “confession de foi” déguisée, oscillant entre épistémologie et ontologie, politique et opinion, croyance et déraison, philosophie et spéculation, n’en est-il pas ainsi ?

  15. Ce qui est intéressant finalement est que cela démontre la confusion entre corps et esprit, si omniprésente dans les religions organisées. A savoir, la confusion entre matière et esprit. La pensée est matière, mais l’esprit est immatériel. La pensée étant matière, les objets de pensée sont matière, mais leur contenu est immatériel.

    C’est pourquoi je parlais d’investigation sur la pensée dans un de mes précédents commentaires, avant toute investigation sur “Dieu”, ou peu importe le terme. Si l’on ne comprend pas la pensée, si l’on ne se comprend pas soi-même, comment comprendre ce qui supposément nous dépasserait ? On pourrait dire ceci: la pensée en tant que process est matérielle, elle est le résultat de l’activité bio-électrique du cerveau, et en tant que contenu, est immatérielle. Comme l’intellect et la démarche rationnelle reposent sur des contenus de pensée, ils génèrent de l’immatérialité même s’ils se basent sur un processus matériel qu’est l’activité de pensée.

    C’est la nature duelle de la pensée qui est fondamentale à la problématique, où je dirais, à toute problématique philosophique, intrinsèquement basée sur des contenus immatériels. L’ontologie de l’immatériel est ainsi une forme de cybernétique. Les cellules du cerveau sont à la fois partie prenante et indépendantes du contenu immatériel des pensées, mais en constante intéraction.

    Maintenant, j’avancerais que la vérité sur la question est que “Dieu” est ce qui reste lorsque l’idée de “Soi” n’est plus. Et comme l’on ne peut atteindre ce qui est factuellement l’absence de “Soi atteignant”, il est inatteignable, car comme le dirait un existentialiste, “la conscience est conscience de soi”. Ainsi, toute conscience de “Dieu” est conscience de “Soi-Dieu”: “blasphème !”, dirait le clergé, comme ce fût le cas dans un autre article d’Ouvertures présentant une femme originaire d’Afrique prétendant “être Dieu”…

    Les religions organisées, dont le but intrinsèque est la poursuite du pouvoir et le contrôle des esprits, ont donc traditionnellement externalisé “Dieu” en tant qu’être suprême indépendant et autonome, et évoquent ainsi la rencontre avec le “Créateur” à ou après la mort, ou encore parlent de “jugement dernier”, qui est moyen de coercition psychologique pour les populations conditionnées dès la plus jeune enfance. Donc, lorsque l’on meurt, le soi n’est plus et ainsi Dieu serait ou se révèlerait…

    Seulement, cette rencontre ne peut se faire que de son vivant, et non alors que l’on est mort, vous voyez ? Ainsi, les religions organisées ont inventé dans le même temps l’idée de “vie après la mort” pour résoudre ce problème, la “survie de l’âme” et autres joyeusetés. Simplement, c’est absurde, et plus aucune personne sérieuse ou correctement éduquée ne croit à ces mythes et fantaisies de nos jours.

    Donc, l’esprit véritablement religieux est celui qui est conscient de la nature limitée de la pensée qui a construit le “soi”, et sa démarche est la fin de cette construction, ce qui est également l’essence de ce que l’on appelle “méditation”: la fin du soi, qui est également la fin du temps, en d’autres termes, mais c’est encore autre chose et nécessiterait encore de plus amples développements entrant en contradiction avec mon agenda.

  16. Cela dit, désolé de vous décevoir si vous aviez prévu dans votre agenda de vous retrouver à la droite de “dieu” après votre mort, d’aller au paradis (ou même en enfer), ou alors de vous réincarner, car cela ne sera pas le cas.

  17. @ Bong : Ne vous en faites pas pour moi, je suis prêt à tout !
    Mais peut-être vous-même serez surpris quand, à l’heure de votre “départ”, vous entrerez dans le tunnel de lumière (cf. NDE), que vous verrez votre vie défiler et que vous vous sentirez questionné sur le bilan spirituel/affectif de votre existence… 🙂

  18. @ M.Lagardette, je ne m’adressais pas à vous spécifiquement ou personnellement… C’était une remarque d’ordre général.

    Maintenant, à titre personnel, je n’ai pas attendu ma mort pour voir “ma” vie défiler. Elle défile d’instant en instant, et d’instant en instant, elle prend fin, et se renouvelle.

    Le genre d’expériences dont vous parlez (NDE) indique que l’esprit a accumulé des souvenirs tout au long de son vécu. Lorsque l’esprit est attentif et conscient, dans la vie de tous les jours, il n’accumule pas ce genre de souvenirs.

    Dès lors, l’esprit attentif n’expérimente pas ce genre d’expériences dont vous parlez, et il n’est pas perturbé ou distrait par l’accumulation de traces psychologiques ou émotionnelles, car il est alors vide et silencieux. Et à mon sens, seul un tel esprit peut, de son vivant, comprendre ce que “Dieu”, la “Vérité”, la “Réalité”, ou quelque soit le terme, est.

    Ce n’est pas en effet à la toute dernière seconde de sa vie, lors de son dernier souffle alors que l’esprit est encombré par l’accumulation du passé comme dans le cas des expériences que vous décrivez, que cela pourrait se produire. Pour que cela soit, l’esprit doit être immobile, vide et tranquille, et non en proie à des visions et des réminiscences aussi terrifiques ou agréables qu’elles soient.

  19. Bonjour,
    Avec beaucoup d’humilité face à ce déferlement d’opinions savantes, je voudrais dire que Frédéric GUILLAUD développe beaucoup moins bien une thèse qu’a fortement défendue Claude TRESMONTANT, dont il me semble que personne n’a cité le nom.
    Je suis de ceux qui ne sont pas convaincus par leurs arguments.
    Je préfère de beaucoup suivre les raisonnements de Stéphane HAWKING, qui a fait une démonstration scientifique de la possibilité d’une auto-création de l’univers, et dont il me semble aussi que personne n’a parlé.
    Cordialement

  20. Je me permettrai d’ajouter que Monsieur GUILLAUD a, sur cette photo, la tête d’un séminariste catholique tourmenté, qui n’emporte pas mon adhésion.

  21. @ Salord : D’abord, merci pour votre contribution au débat.
    Ensuite, la démonstration de l’existence de Dieu par Claude Tresmontant est très proche sur le fond de celle de F. Guillaud : http://bit.ly/HQ5PvB
    Quant à S. Hawking, il ne parle pas vraiment (sauf erreur de ma part) d’univers auto-créé. Il évoque un univers “fini mais sans bord”, n’ayant “ni commencement ni fin”. Il ne s’oppose d’ailleurs pas à la possibilité d’une création par Dieu. Et il précise bien que sa théorie d’un univers qui ne pourrait être “ni créé ni détruit” est une “proposition”. Et que les théories en général ne peuvent pas être prouvées. Elles servent essentiellement à permettre la prédiction d’événements dans un contexte bien défini.
    Enfin, votre remarque sur le “physique” de M. Guillaud, sur son apparence, vous en conviendrez facilement, n’a pas sa place dans une argumentation philosophique 🙂

  22. Le seul livre qui peut mettre presque tout le monde d’accord c’est “La Divinité-le symbole et sa signification” de Paul Diel. ed payot. Il faut le lire et le relire ! “Le terme “exister” désigne la qualité commune de tous les objets qui se trouvent dans l’espace-temps, ce terme est inemployable pour l’objet “dieu” supposé exister dans un espace-temps en dehors de l’espace temps réellement existant. Le fait est que le terme “existence” est la qualité qui reste si l’on fait abstraction de toutes les autres qualités modales et modifiables. Elle est la qualité mystérieuse d’où il vient que les objets existants ont un aspect manifeste et un aspect mystérieux. C’est précisément là, le mystère de l’existence, inaccessible à la preuve logique, accessible uniquement à l’émotion.”
    “La seul signification véridique du terme “exister” employé pour le symbole “Dieu” est qu’il existe en moi sous la forme de l’émotion devant le mystère” .

  23. Dans le prolongement du livre très bien argumenté de Frédéric Guillaud, on trouvera désormais celui d’Emmanuel Belluteau :”Croire en Dieu est-il absurde ?”, Salvator, 2014.
    Il repart de Guillaud dès son premier chapitre mais sa présentation est plus simple, voire plus ludique (il adresse des lettres à Freud, Descartes, Saint Paul… et même à Satan et à Dieu Lui-même !).
    Lui ne fait pas mystère de sa foi.
    Il ne prétend pas d’ailleurs philosopher.
    C’est plutôt un bon livre d’apologie : la recherche des raisons de croire (ou pas).

  24. Philosopher sur l’existence de Dieu est un paradoxe! Fiez vous à la Bible au lieu de vous limiter à des explications de je ne sais quel renommé scientifique ou auteur. Que Dieu vous montre le chemin, la vérité et la vie.

  25. Je me risquerais à ajouter que Jesus remerciait Dieu d’avoir révélé sa parole aux petits ( les sans grade) et de l’avoir cachée aux orgueilleux et aux puissants ou aux riches d’esprit car il faut une simplicité, une humilité et sans doute un désir de coeur pour saisir le mystère et savoir s’il existe (s’il EST) un auteur à tout celà et à qui nous devons tout( y compris nos découvertes!) et surtout dans quel but!

  26. la foi est sans doute un don de Dieu; on ne peut la produire soi-même; on peut l’accueillir ou la rejeter. Mais pour que ce don puisse être accueilli il est normal qu’avec notre intelligence on puisse comprendre en quoi consiste ce don, et c’est là où la raison et la liberté ont un rôle à jouer. En fait, foi et raison doivent agir pour croire en Dieu.

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