Hang Truong, moine cosmocentré

Il s’appelle Hang Truong, a 48 ans, est vietnamien d’origine, américain de nationalité et terrien de pensée. Bonze depuis l´âge de 20 ans, il enseigne de par le monde le « taï chi intégral », une nouvelle forme de bouddhisme appliqué. Il était au printemps à Moissy Cramayel (Seine-et-Marne), pour une session d’une semaine avec ses élèves français.


Photo: Jean-Luc Martin-Lagardette

On me l’a présenté comme un « maître », mot que je n’aime pas attribué à un être humain. Mais, dès le début de l’interview, Hang Truong m’a rassuré : « Je cherche, je veux apprendre. Si je suis un maître pour quelques uns, je suis alors un maître apprenant, sans fin. Je ne dis rien de nouveau. Les gens savent déjà tout. Mais ils oublient, ou ne font plus attention. Ils oublient le pardon, l’amour, le “human touch” ».

Quand il est allé au Sri Lanka rencontrer les victimes du tsunami, il a été bouleversé en prenant une malheureuse dans ses bras, bien plus qu’en lui donnant un peu de nourriture. Les larmes de la femme meurtrie n’ont pas séché dans son cœur…

« Notre groupe est pauvre. L’amour ne coûte rien. Tout le monde en possède. Mais qui en donne ? Même le plus pauvre peut donner. C’est ce que nous avons expérimenté dans nos activités sociales. »

Son credo est que la guérison doit toujours s’appuyer sur le triptyque « corps, esprit, environnement social »

La démarche de Hang se veut détachée du côté religieux : « L’important est d’évoluer continuellement, de s’ouvrir, de s’élever. De voir plus loin, plus haut que son ghetto : égo, tribu, ethnie, pays, etc. Si l’on m’interroge sur mes valeurs, je dirai que je suis cosmocentré… ».

A 15 ans, Hang Truong, terrassé par une hépatite A, est proche de la mort. C’est l’occasion d’une soif effrénée de connaître. Il dévore les livres de Sartre, Gide, Heiddeger, Camus, Wells, etc. C’est une révélation : il lit les textes dans leur langue d’origine sans les avoir apprises. Son esprit s’ouvre et s’expanse. Il trouve en lui une énergie qui depuis ne le quitte plus et qu’il cherche à faire découvrir chez les autres.

« L’intelligence, le savoir, c’est bien, mais on a besoin aujourd’hui de quelque chose de plus. » C’est ce « plus » que Hang Truong et ses 150 instructeurs tentent de partager au cours de leurs rencontres.

 En 2002, Hang Truong a créé le Compasionate Service Society, organisation non lucrative au service de l’homme, « pour favoriser la guérison du corps, du mental et de l’esprit ». En 2003, il a co-fondé Hana Spiritual Retreat à Maui, Hawaii, dont la vocation est d’être un centre spirituel réunissant des principaux représentants des religions mondiales en vue de dialogue et d’échange culturel. En 2005, il a lancé une action communautaire à grande échelle pour aider les victimes et les survivants du tsunami en Asie, au Sri Lanka.

>> hnpv.org

 

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