Editorial

Pourquoi IL FAUT rembourser l’homéopathie

Est-ce par intérêt, idéologie, naïveté ou bêtise ? Pour justifier sa décision de dérembourser totalement l’homéopathie, le gouvernement a dit s’appuyer sur la science. Mais il a commis quatre fautes majeures de raisonnement. Ces sophismes démasqués, il paraîtra évident qu’il doit revenir sur sa décision.

Agnès Buzyn, ministre de la santé, explique sa décision de dérembourser l’homéopathie au Parisien – Aujourd’hui en France, le 9 juillet 2019.

Agnès Buzyn : « Moi, je fais confiance à ce qui est évalué scientifiquement car je suis incroyablement rationnelle » (Le Quotidien du médecin, le 24 septembre 2018).

En prenant la décision, apparemment logique, de dérembourser l’homéopathie, la ministre de la santé (qui reprend les conclusions de la Haute Autorité de Santé, HAS) adopte une posture réductionniste et, de fait, « incroyablement » déraisonnable, voire irrationnelle. En effet, sa décision est fondée sur plusieurs sophismes.

Première faute de raisonnement : le gouvernement transforme « absence de preuve de l’efficacité » en « preuve de l’absence ». Il a troqué le doute, qui demeure, sur l’efficacité de l’homéopathie en certitude de non efficacité. Ce qui est d’autant plus abusif que cette absence d’efficacité peut très bien résulter, au moins en partie, d’une « absence de données disponibles », comme le note elle-même la HAS dans sa justification.

Autre sophisme, le gouvernement, sous le terme « efficacité », amalgame action pharmacologique et efficacité thérapeutique. L’action pharmacologique, déterminée par des essais cliniques, est causée par des molécules chimiques. L’efficacité thérapeutique, elle, comporte deux aspects très différents, l’un vérifiable, l’autre non. Le premier est l’effet attendu – scientifiquement analysable – sur les processus biologiques par l’emploi d’un médicament dont on connaît la composition, le mode d’action, les comportements, etc. Le deuxième aspect est la « cible » du médicament : la réalité concrète et unique du patient (la personne humaine), sa constitution, son histoire, son comportement, sa psychologie, son environnement, etc., bref, une infinité de facteurs qui, par définition, ne peuvent pas être prédits avec exactitude. Sur ce dernier aspect, l’homéopathie a une pratique notoirement plus étendue, pratique dont la HAS n’a tenu aucun compte.

La médecine est un art, qui s’appuie sur des sciences

Certes, les essais cliniques peuvent intégrer de multiples cas de figure, mais ils restent des statistiques. Ils conservent une frange d’incertitude (qui peut être très large). Ils ne peuvent tenir compte aussi précisément de l’individu que ne le fait l’homéopathe.

Concernant les granules homéopathiques, on peut certes concéder – en dépit de plusieurs études positives que la HAS a voulu ignorer – qu’elles n’ont pas apporté à ce jour l’évidence d’une action physicochimique identique à celle induite par les médicaments allopathiques remboursés.

Mais cette seule action n’est pas synonyme d’efficacité thérapeutique ! Autrement dit, si on peut être sûr que tel médicament allopathique aura bien tel effet précis, scientifiquement mesurable, sur nos cellules ou nos organes, il n’en découle pas pour autant de façon certaine que le malade va guérir !

La médecine est un art, non une science, même si elle s’appuie en grande partie sur des sciences. Le médecin homéopathique est mieux formé à cette évidence, à la prise en compte du caractère unique du patient. C’est pourquoi sa méthode, sous cet aspect précis, est supérieure à celle du médecin allopathique. Et pourquoi tant de ses partisans font appel à elle malgré sa « non scientificité ».

En fait, sur le plan de l’efficacité thérapeutique, les deux médecines en sont au même point. L’une a l’avantage d’utiliser des médicaments ayant prouvé leur efficacité pharmacologique, mais a l’inconvénient de ne pas appréhender le caractère unique de ses patients. L’autre a l’inconvénient de recourir à des produits non prouvés scientifiquement, mais a l’avantage de s’intéresser à l’idiosyncrasie des siens.

Mais ni l’une ni l’autre n’est en mesure de PROUVER qu’elle guérit nécessairement. C’est bien pour cette raison que le médecin n’est pas tenu, juridiquement, à une obligation de résultat, mais seulement de moyens. Il doit faire ce qu’il pense être juste en fonction de ses connaissances et des connaissances généralement admises, pour améliorer l’état du malade. Allopathe ou homéopathe, il n’est pas tenu de le guérir.

Et n’oublions pas, de toute façon, selon le mot même de notre ministre de la santé, que « la majorité des maladies guérissent toutes seules »…

Bien sûr, la « médecine basée sur les preuves » est un critère important de sécurité, important mais insuffisant pour garantir à lui seul la qualité ou l’efficacité du soin. Le savoir faire, l’honnêteté intellectuelle et morale, l’ouverture d’esprit, l’intuition, voire la créativité et la chance, interviennent aussi dans la réussite de toute thérapie.

Or, sur ce point, l’homéopathie a des atouts, et même des avantages.

Des atouts : le témoignage, ininterrompu depuis plus de 220 ans, de milliards de personnes qui se sont déclarées – et se déclarent toujours – guéries ou soulagées par son usage ! Le témoignage continu de centaines de milliers de médecins dûment formés, y compris hospitaliers, qui, agissant avec éthique et esprit de responsabilité, ont observé – et observent toujours – la guérison ou l’amélioration de l’état de leurs patients.

On ne peut mépriser, rayer d’un trait, tous ces témoignages ! Si raisonner scientifiquement, c’est ignorer ces réalités, alors la science est inhumaine ! Alors la Science s’oppose à la Raison qui, elle, face à l’immensité des usages, ne peut qu’accorder, au minimum, une présomption d’efficacité à l’homéopathie ! Même si elle ne dispose pas d’un modèle théorique suffisant pour expliquer cette efficacité thérapeutique .

C’est ce qui embarrasse la science, et même l’importune. Mais, au lieu de penser, avec l’humilité qui caractérise les grands esprits, qu’elle ne sait pas tout, et même que ce qu’elle ignore est encore plus considérable que ce qu’elle a acquis, que l’homéopathie fonctionne peut-être sur des principes encore insoupçonnés, la médecine allopathique fait le choix de l’intolérance, lui dénie TOUTE efficacité et veut l’interdire de remboursement. L’orgueil de ses zélateurs les pousse même à traiter leurs confrères homéopathes de « charlatans », alors que la France possède le nombre de médecins homéopathes le plus important au monde : plus de 20 000, principalement des généralistes.

Hypothèses tournées en dérision

Pour expliquer l’étrange fonctionnement de l’homéopathie, plusieurs hypothèses ont été avancées, certaines, formulées par son fondateur Hahnemann. Elles n’ont pas été confirmées, en premier lieu parce qu’elles n’ont pas fait l’objet d’un effort intellectuel suffisant.

Pire, les quelques tentatives modernes, encore tâtonnantes, qui osent s’exposer sont tournées en dérision et parfois violemment combattues.

Sans aborder ce sujet, nous pouvons faire au moins ce constat : réduire la légitimité d’une méthode à la seule pharmacologie et omettre – parce que non mesurable – tout le champ de l’humain, c’est raisonner comme si notre corps n’était qu’une machine ! C’est un choix réductionniste, matérialiste, arbitraire et donc abusif.

Le corps, impossible à dissocier de l’esprit humain, ne fonctionne pas comme une pure mécanique, ce que laisse pourtant supposer une médecine prétendument « rationnelle », uniquement basée sur « les données acquises de la science ».

Or, et c’est là l’un des avantages, évoqués plus haut, de l’homéopathie : elle tient compte de cette globalité de l’être humain. Le médecin homéopathe prend le temps et la peine de faire parler son patient pour mieux le connaître, lui et ses habitudes, ses fonctionnements, etc. Il sait l’importance du lien corps/esprit et sait comment l’intégrer dans sa démarche curative (et préventive). Tandis que son « concurrent » allopathe se limite trop souvent à l’observation du symptôme et à l’action pharmacologique. Et l’on sait la triste place tenue par la France dans l’hyperconsommation de médicaments, notamment de psychotropes.

Autres avantages de recourir à l’homéopathie : l’absence d’effet secondaire (au contraire de la médecine allopathique dont les médicaments chimiques peuvent, au lieu de guérir, causer la mort : autour de 20 000 morts chaque année !) ; son faible coût tant pour le patient que pour la solidarité nationale, etc.

Le troisième défaut de raisonnement est donc de dédaigner volontairement, au nom d’une science qui cache en fait une position idéologique (le matérialisme), tous les atouts et avantages réels de l’homéopathie.

La Culture a-t-elle fait la « preuve scientifique » de son intérêt ?

Le quatrième vice de pensée est d’avoir décrété que « ce n’est pas à la solidarité nationale de payer pour des thérapies sans effets scientifiquement prouvés ». Pourquoi le « scientifiquement prouvé » serait-il le seul critère du déclenchement de la solidarité nationale ? Si l’homme n’était qu’un corps, qu’une machine sophistiquée, peut-être. Mais l’homme est un tout : corps, esprit, sensibilité. Ainsi, pourquoi l’État prévoit-il, dans son dernier budget, de dépenser 10 milliards d’euros pour la Culture ? Baudelaire, Gounod, Picasso, pour ne parler que d’eux, ont-ils fait la “preuve scientifique” de leur intérêt ?

Non, nous acceptons de financer l’art et la culture parce qu’ils concourent à l’épanouissement des citoyens. L’homéopathie, n’importe quelle enquête sociologique ou même épidémiologique pourrait le démontrer, concourt au bien-être des Français et cela, sans effet délétère.

C’est pourquoi, en tant qu’art de soigner et de se soigner de façon douce et respectueuse, elle doit être absolument encouragée. Inscrits au remboursement en 1984, les produits homéopathiques ont longtemps été remboursés à 65%. En 2011, le taux a été abaissé à 30%. Le gouvernement d’alors avait fait preuve de sagacité. Devant la présomption d’efficacité thérapeutique de l’homéopathie, mais dans l’impossibilité de mesurer celle-ci avec précision, il avait déterminé le niveau de remboursement au tiers de son coût, ce qui paraît un excellent compromis. Compromis que nous invitons le gouvernement à retrouver, ce qui apaiserait cette querelle artificiellement provoquée par l’intolérance et la prétention, et réconcilierait les Français. En effet, 72 % d’entre eux croient aux « bienfaits » de l’homéopathie (sondage Odoxa janvier 2019).

> Rembourser l’homéopathie à 30 %, ce serait reconnaître que cette méthode thérapeutique, même si son action pharmacologique n’est pas clairement établie, a fait en revanche clairement la preuve, de par le monde entier, de son impact bénéfique sur l’état de santé de milliards de personnes.

Plus largement, il faut profiter de ce débat pour étudier sous quelles conditions les autres médecines non conventionnelles (comme la médecine traditionnelle chinoise), très populaires pour beaucoup d’entre elles, pourraient trouver leur place dans un système de soins complémentaire, sûr et de qualité (voir lien ci-dessous).

>> Voir aussi :

Comment l’idée de labelliser les médecines non conventionnelles a été enterrée

Le Dr Edouard Broussalian, médecin homéopathe, réfute les arguments des contempteurs de l’homéopathie

Pour aller plus loin :

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18 commentaires pour cet article

  1. J’en lis tous les jours, des conneries sur le net, mais alors c’est trop fort : justifier le remboursement de l’homéopathie en faisant une analogie sans queue ni tête avec le budget du ministère de la culture !…
    Et c’est le gouvernement qui dit des bêtises ?…

  2. Le financement de la Culture par la solidarité nationale est bien la preuve que la “preuve scientifique” n’est pas une condition du déclenchement de l’engagement de la collectivité, contrairement à ce que veut imposer la ministre. Bien évidemment, vous allez dire : “Mais la santé n’est pas la culture !”
    Je vous répondrai : les deux concernent l’humain dans sa globalité. La Santé a tendance, comme dans le cas qui nous préoccupe ici, à l’oublier.

  3. Le commentaire insultant et intolérant de Mr Girard montre bien le côté irrationnel et militant des adversaires de l’homéopathie et de façon plus générale de tout ce qui “sort du cadre”…Le parallèle avec la culture que fait Mr Martin-Lagardette dans son article n’est pas une “connerie ou bêtise” mais découle à mon avis du parallèle entre la médecine et l’art. Je l’ai déjà écrit: en 25 ans de travail dans l’industrie pharmaceutique et de rencontres avec les médecins, je n’ai rencontré que des médecins qui veulent avant tout réussir à aider leurs patients. Ils ne sont pas si dogmatiques que les pseudo)scientifiques veulent le faire croire. Ils sont prêts à essayer si cela représente un espoir de soulagement pour des affections pour lesquelles la médecine conventionnelle ne leur a pas apporté de réponses. Alors Mr Girard essayez le non-jugement et l’ouverture et l’écoute: je suis convaincu que votre vie et celle de vos proches en sera transformée.

  4. Bonjour, la HAS ne s’intéresse pas au mécanisme d’action mais à l’impact clinique final, et ceci est un bon point pour l’évaluation de l’homéopathie puisque son mécanisme d’action repose sur des principes difficilement démontrables.
    Vous parlez d’amalgames: ici il ne s’agit pas de remettre en cause l’efficacité de l’homéopathie, mais son remboursement par la solidarité nationale.
    Tous les produits de santé doivent donner des preuves d’efficacité, d’efficience ou d’impact sur le système de santé afin d’obtenir un remboursement. L’homéopathie a reçu un traitement de faveur en étant remboursée sans démonstration, ce qui constitue une injustice par rapport aux autres produits rejetés par la HAS pour manque de données.
    Il faut rembourser les produits et techniques qui démontrent un impact significatif et reproductible à un prix juste.
    Justice a été rendue.
    Les médecines douces peuvent être efficaces dans certains cas précis. De là à être remboursé, il faudra apporter des preuves.

    • Contrairement à ce que vous dites, vous et celles et ceux qui veulent la bannir du système de remboursement, l’homéopathie n’a pas bénéficié d’un « traitement de faveur » qui aurait été une « injustice » par rapport à d’autres « produits ». Elle a obtenu un régime particulier, certes, mais pour deux raisons valables : son fonctionnement original, différent des autres, qu’on ne savait pas expliquer (“peut-être qu’un jour, on comprendra”) ; ses résultats concrètement vécus, dont les décideurs d’alors ont su avec bon sens et humanité tenir compte.
      Un « produit » homéopathique NE PEUT PAS être examiné, testé, considéré comme les autres produits pharmaceutiques parce que la dynamisation qui intervient dans son processus de fabrication en fait un produit atypique. Pour en mesurer l’efficacité, il faut accepter de s’engager sur d’autres voies (énergétiques, épidémiologiques, sociologiques, « presque spirituelles », comme disait Hahnemann). Sur ce point, la recherche est notoirement insuffisante (la HAS note elle-même « l’absence d’étude robuste permettant d’évaluer l’impact des médicaments homéopathiques sur la qualité de vie des patients »). A qui la faute ?
      En attendant, décréter inexistante l’efficacité de l’homéopathie et l’éjecter du système de remboursement constitue un abus cognitif et politique manifeste puisque absence de preuve (matérialiste) n’égale pas preuve de l’absence (thérapeutique).
      Et c’est d’autant plus un abus que des millions de personnes et de médecins (honnêtes et sérieux comme les autres) déclarent constater chaque jour depuis plus de 200 ans cette efficacité, même s’ils ne savent pas aujourd’hui en expliquer le fonctionnement exact.

      PS.- Je pense que l’homéopathie est visée en premier lieu parce qu’elle est le fleuron des médecines dites “douces” et qu’elle a beaucoup de succès. Si vraiment c’était une question de justice, pourquoi la ministre ne s’est-elle pas attaquée EN MÊME TEMPS à la psychiatrie et au thermalisme ? Leurs techniques ont-elles « démontré scientifiquement un impact significatif et reproductible à un prix juste » ?

  5. vous dites:
    -le gouvernement transforme « absence de preuve de l’efficacité » en « preuve de l’absence »
    C’est absolument faux. D’une part, l’absence de preuve (que vous semblez reconnaître) est suffisante pour qu’il n’y ait pas remboursement. Sinon, n’importe quel imposteur pourrait exiger le remboursement de son traitement avec pour seul argument que personne n’a encore démontré qu’il était inefficace. Si on prétend que tel traitement a tel effet, on doit pouvoir le prouver. D’autre part, en ce qui concerne l’homéopathie, il y a effectivement preuve d’absence, puisque des études robustes face aux biais cognitifs ont été réalisées et ont montré que les remèdes homéopathiques n’ont pas d’action spécifique, et ne sont donc pas des médicaments.

  6. @ JL :
    Vous dites :
    1 – « L’absence de preuve est suffisante pour qu’il n’y ait pas remboursement. »
    C’est faux. Le thermalisme et la psychiatrie peuvent être remboursés alors qu’ils n’ont pas apporté la preuve scientifique et reproductible de leur efficacité.
    Le remboursement ne concerne pas seulement l’effet d’un médicament, mais celui d’un traitement global et même d’une philosophie de la santé (qui ne peut être mesurée avec les outils habituels). C’est d’ailleurs pourquoi on l’accorde à la psychiatrie et au thermalisme…
    2 – « Sinon, n’importe quel imposteur pourrait exiger le remboursement de son traitement avec pour seul argument que personne n’a encore démontré qu’il était inefficace. »
    On voit bien ici l’a priori qui sous-tend la campagne menée contre l’homéopathie : cette méthode est une trouvaille d’imposteur et de charlatan ! Alors qu’elle est le fruit d’une démarche épistémologique puissante et rigoureuse.
    Lisez l’histoire de sa naissance.
    Si on partait de l’hypothèse inverse (l’homéopathie fonctionne selon des principes encore inconnus), on chercherait d’autres voies, pour en tester l’efficacité, que celles utilisées pour les médicaments classiques. Et on tiendrait compte des milliards de gens qui l’utilisent depuis le début avec satisfaction. C’est un élément de preuve (autre que la preuve pharmacologique) que le gouvernement et vous ignorez.
    3 – « …puisque des études robustes ont montré que les remèdes homéopathiques n’ont pas d’action spécifique »
    C’est faux. Il y a des preuves que l’homéopathie peut avoir une « action spécifique ». Par exemple, plusieurs articles évoquent l’effet régulateur de hautes dilutions de diverses substances sur certains gènes. Ces preuves, dérangeantes pour la thèse que l’on veut imposer, et qui invalident votre argument, ont été ignorées.
    En revanche, là où je peux vous rejoindre, c’est quand vous écrivez : « les remèdes homéopathiques (…) ne sont donc pas des médicaments », à la condition que l’on précise : « pas des médicaments… COMME LES AUTRES ». En effet, la nature même du produit homéopathique le distingue du médicament « classique » dans son fonctionnement comme dans ses effets.

  7. Article datant de 2005 : La société (Boiron) est ainsi bien décidée « à s’investir plus que jamais dans la mise en évidence de l’efficacité de ses médicaments à la fois d’un point de vue clinique et médico-économique ». Nous sommes en 2019. Au bout de 200 ans, l’efficacité clinique démontrée a été une non-infériorité au placebo. Aucune étude épidémiologique, de qualité de vie, ou économique robuste n’a été publiée.
    La décision de remboursement initial de 1984 a été fait en absence de preuve d’efficacité (cf Georgina Dufoix sur wikipedia).
    Concernant une “efficacité observée”, vous faites allusion à des expériences personnelles qui ne permettent pas de généraliser contrairement à des études robustes. J’ai pu moi même des personnes avec des pathologies complexes aller mieux avec un traitement complémentaire homéopathique, et suis persuadé de son utilité chez certains patients.
    Concernant une “inefficacité”, je suis d’accord avec vous il y a des abus de langage, il faudrait parler d’absence de preuves d’efficacité. (si je peux me permettre: dans toute croyance il y a une absence de preuve).
    Enfin concernant d’autres produits/techniques, la HAS a reconnu un effet du thermalisme sur la douleur du patient avec lombalgie chronique, fibromyalgie, PR. Concernant la psychiatrie, je pense que vous vouliez dire “psychologie”: apparemment certaines séances peuvent être remboursées.
    Mais cela pourrait très bien être leur prochain dossier de la HAS ou du ministère qui sait?

  8. Le Pr Christian Berthou, doyen de la fac de Brest, qui a décidé de maintenir son diplôme inter-universitaire d’homéopathie : « Il y a un biais dans l’évaluation de la HAS. Celle-ci n’est pas complète. (…) Je n’en rejette pas le caractère scientifique mais le caractère exhaustif. Il n’y a qu’une infime partie de la littérature qui a été analysée. Quand on regarde la base internationale Cochrane, synthèse de toutes les études qui ont démontré une validation scientifique, on en retrouve plusieurs qui démontrent la supériorité de l’homéopathie sur la médecine conventionnelle. Il est totalement faux de dire qu’il n’y a aucune démonstration scientifique de la plus-value de l’homéopathie. Il y a des maladies, plutôt de nature bénigne et fonctionnelle, dans lesquelles son bénéfice a été strictement validé par des études comparatives ».
    Interview parue le 25 juillet 2019 dans le Quotidien du médecin.

  9. – “Le thermalisme et la psychiatrie peuvent être remboursés alors qu’ils n’ont pas apporté la preuve scientifique et reproductible de leur efficacité.” Si le thermalisme n’a effectivement pas apporté la preuve (“scientifique” est un pléonasme car la science est le domaine de tout ce qui est prouvable), je ne peux qu’être favorable à son déremboursement. Quant à la psychiatrie, je ne connais pas le domaine, je m’abstiens donc de donner un avis.

    – “On voit bien ici l’a priori qui sous-tend la campagne menée contre l’homéopathie : cette méthode est une trouvaille d’imposteur et de charlatan !” je n’ai pas affirmé cela, j’ai juste avancé un argument pour dire qu’un traitement à l’efficacité non prouvée ne doit pas être remboursée. Au contraire, je ne pense pas qu’il y ait de la malveillance chez la plupart des médecins qui pratiquent l’homéopathie.

    – “elle est le fruit d’une démarche épistémologique puissante et rigoureuse.” C’est bien là ce qui m’embête le plus dans l’homéopathie. Pour ma part, je n’y vois aucune démarche épistémologique. Je ne vois pas de différence fondamentale entre la démarche de l’astrologue qui vous prédit une journée belliqueuse car mars, le dieu de la guerre, est dans votre signe, et l’homéopathe qui affirme qu’apis mellifica soulage vos sensations de picotement sur la base qu’une abeille ça pique et Similia similibus curentur — car il s’agit là du raisonnement homéopathique dans toute sa profondeur, dans toute sa subtilité.

    – “on tiendrait compte des milliards de gens qui l’utilisent depuis le début avec satisfaction”. Il faut se méfier des arguments qui invoquent le grand nombre de la foule. Non pas que les gens sont idiots ou naïfs, mais une personne individuelle n’a pas la masse critique pour affirmer qu’un traitement fonctionne. Et ce n’est pas en juxtaposant des milliards de personnes individuelles que ça améliore les choses. Moi-même, j’ai la chance de me contenter d’un doliprane une fois l’an pour tout traitement médical ; j’ai l’impression que ça fonctionne, mais je me garderais bien de l’affirmer. Peut-être que je me convainc moi-même que ça a marché, peut-être que je le prends toujours à un moment où mon mal de crâne est à son paroxysme. Non, si je persiste à prendre un doliprane, ce n’est pas parce que je constate que ça fonctionne, mais parce que je fais confiance au médecin qui me l’a conseillé. Et cette confiance est fondée sur le fait que je sais que je pourrais, dans le principe, me plonger dans la littérature médicale, et approuver objectivement et quantitativement la démarche intellectuelle qui a conduit mon médecin à formuler son affirmation. Cette possibilité n’existe pas dans le monde de l’homéopathie, car il n’y a aucune raison objective qui pousse l’homéopathe à prescrire tel ou tel type de granules, si ce n’est des principes vagues et qualitatifs, sortis du chapeau d’un type il y a plus de 200 ans. Ce manque de confiance n’est pas amélioré par les propos de certains homéopathes qui relèvent indubitablement du charlatanisme, tel Charles Bentz, président du Syndicat national des homéopathes, qui affirme, à propose du fonctionnement de l’homéopathie: “C’est un fonctionnement issu du domaine de l’énergétique, et qui est beaucoup plus proche des réactions physiques que chimiques”, propos que leur auteur ne comprend pas lui-même, et pas seulement parce qu’ils n’ont aucun sens.

    – “plusieurs articles évoquent l’effet régulateur de hautes dilutions de diverses substances sur certains gènes” Vous m’alléchez. Auriez-vous les références de ces articles ? Il y a de quoi révolutionner la physique à moindre frais… mais je ne m’attends pas à y trouver le moindre argument pour justifier que tel granule homéopathique à telle dilution est adapté à un malade plutôt que tel autre granule ou telle autre dilution.

  10. – Vous : « J’ai juste avancé un argument pour dire qu’un traitement à l’efficacité non prouvée ne doit pas être remboursée »
    Pour moi, c’est une affirmation qui paraît évidente, que l’on prétend imposer, mais qui, en fait, ne va de soi. Elle est même clairement abusive.
    Car « efficacité non prouvée », comme je l’ai expliqué, doit être plus sérieusement réfléchi : quelle « efficacité » (pharmacologique, thérapeutique, épidémiologique…) ? Et « prouvée » : par quelles méthodes ? Dire « par la méthode scientifique » est très insuffisant ! En effet, nous savons, depuis Claude Bernard, que toute preuve dépend de la théorie qui la sous-tend. Or, ici, la théorie est la seule théorie matérialiste, réductionniste, fermée à de multiples autres approches qu’elle méprise et ignore faute de savoir comment investiguer…

    – La démarche d’Hahnemann, à son époque, est très “moderne”, dans le sens où elle représente une tentative originale de rationalisation des causes des maladies et des procédures curatives. A l’époque, les médicaments étaient utilisés de façon très fantaisiste et l’on précédait surtout à une médecine de la purgation, de la saignée, de l’évacuatoire. Lisez la genèse de sa pensée et de sa pratique. Vous ne pourrez pas lui dénier cet effort de rationalisation, même si vous ne partagerez sans doute pas certains de ses principes.

    – Quant aux références des articles, celle-ci par exemple : https://read.qxmd.com/read/28325222/effects-of-ultra-high-dilutions-of-sodium-butyrate-on-viability-and-gene-expression-in-hek-293-cells

  11. Steven Olsen est homeopathe, je n’ai rien contre lui, mais on ne peut pas utiliser ce résumé de 20 lignes, d’une étude faite par un homéopathe et publié dans un journal d’homeopathie. Faut quand même être sérieux.

    • – En rejetant cette étude (qui était accompagnée d’une douzaine d’autres sous le lien que j’ai publié) parce qu’elle a été menée par un homéopathe et publiée dans un journal d’homéopathie, vous reconnaissez du même coup, implicitement, que le résultat d’une étude scientifique peut dépendre de l’opinion préalable du chercheur. Et vous vous autorisez de ce fait pour négliger (comme l’a fait la Haute Autorité de la Santé) TOUTE étude (et elles sont nombreuses) qui serait menée par des homéopathes ou par des laboratoires homéopathiques.
      Je suppose donc, puisque vous me semblez animé par un esprit rationnel rigoureux, que vous N’acceptez QUE le résultat d’études conduites par des chercheurs PARFAITEMENT NEUTRES et INDÉPENDANTS. Qui fonctionnent avec un vrai esprit scientifique, autrement dit…
      Je suppose donc que, par logique et par équité, vous avez rejeté aussi fermement tous les résultats d’études menées par des SCEPTIQUES (ou des détracteurs) DE L’HOMÉOPATHIE (dont vous dites faire partie).
      Aussi, je vous serais reconnaissant de m’indiquer :
      – comment vous avez procédé pour connaître l’opinion des chercheurs qui ont publié des études montrant que l’homéopathie n’a pas d’effet ;
      – si vous avez enquêté, avant de vous déterminer sur la question, pour savoir quels labos les ont financées.

      – Vous : « Faut quand même être sérieux ». Si vous souhaitez que je continue à discuter avec vous, je vous prie, à l’avenir, d’éviter ce genre de commentaire insultant.

  12. vous dites:
    – “ici, la théorie est la seule théorie matérialiste, réductionniste, fermée à de multiples autres approches qu’elle méprise et ignore faute de savoir comment investiguer…”
    Je suis d’accord avec ce que vous dites dans le cas de disciplines telles que la psychiatrie où l’objet d’étude n’est pas matériel. Mais il se trouve justement que l’homéopathie prétend guérir avec des granules, c’est-à-dire des objets matériels. Il est donc justifié de s’interroger sur l’efficacité de ces granules d’un point de vue matérialiste. Sinon, on admet que ces granules ne sont qu’un simulacre de prescription, et que l’effet de l’homéopathie ne réside que dans l’interaction patient-praticien. Ce qui est suffisant pour justifier le non-remboursement.
    D’autre part, il est très facile de tester l’efficacité des granules par une méthode double aveugle: prenez 1000 patients traités par l’homéopathie, peu importe les affections dont ils souffrent. Vous pouvez même laisser des homéopathes choisir des patients qu’ils pensent guérir le plus efficacement. Donnez du sucre, voire un traitement homéopathique aléatoire à la moitié d’entre eux (puisqu’il n’y a aucun effet secondaire), à la place de la prescription de l’homéopathe. Enfin, observez si les patient ayant pris le bon traitement se déclarent mieux soignés. Cette méthode est complètement indépendante de la théorie sous-jacente de l’action des granules. Les granules peuvent agir de façon matérielle, spirituelle, énergétique, magnétique, par l’action du Saint-Esprit… Qu’importe : s’il y a un effet, il se verra. À ma connaissance, les études qui ont été conduites selon ce schéma on conduit à la preuve que les granules homéopathique ne sont rien d’autre que du sucre.

    – “La démarche d’Hahnemann, à son époque, est très “moderne”, dans le sens où elle représente une tentative originale de rationalisation des causes des maladies et des procédures curatives”
    Je suis d’accord avec vous. Malheureusement, ses méthodes et ses conclusion qui n’ont bougé d’un iota depuis le XVIIIéme siècle, sont maintenant dépassées et invalidées par plus de 200 ans de progrès fulgurant dans les domaines de la physique, de la chimie, de la médecine.

    – concernant l’article que vous citez: je suis tout à fait d’accord avec vous qu’il ne faut pas rejeter l’article sous prétexte qu’il a été écrit par un homéopathe. Mais analysons cet article. D’abord, comme je l’avais pressenti, cet article ne valide aucunement un traitement homéopathique particulier. Il ne suit même pas les principes de l’homéopathie (“similia similibus curentur”) puisqu’il vise à montrer qu’un produit qui est connu pour avoir un effet physico-chimique à faible dilution conserve un effet aux dilutions homéopathiques. À défaut d’apporter de l’eau au moulin de l’homéopathie, on pourrait dire qu’il peut se contenter de révolutionner la physique en présentant des résultats qui sont en totale contradiction avec deux siècles de recherche dans ce domaine. Malheureusement, les 8 lignes et la figure que l’auteur avance dans ce sens (section “résultats”) peinent à convaincre. toutes les mesures que l’auteur rapporte placent l’action des dilutions homéopathique à typiquement 1 écart type du placébo. L’auteur déclare pour 3 expériences sur 10 obtenir une significance < 0.01 alors que les barres d'erreur entre placébo et dilution homéopathique se chevauchent !
    Bref, j'attends toujours une expérience montrant une courbe action vs dilution statistiquement résolue, qui serait la signature d'un nouveau phénomène…

  13. Suivant la maxime, « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », ce qui se perd au cours des dilutions ne disparaît pas purement et simplement, mais « se transforme » en quelque chose d’autre. Il ne reste pas, dans le granule, que « de l’eau et du sucre » comme le disent, sourire en coin, les détracteurs de l’homéopathie. Il reste : eau + sucre + « quelque chose » que la Science, toute majuscule qu’elle puisse afficher, n’a pas encore compris ni trouvé.

    Vous imposez, abusivement à mon avis, à l’homéopathie de faire ses preuves selon des procédures matérialistes. Certes, celles-ci ont fait leurs preuves, mais elles ne sont pas le TOUT de la connaissance, ne vous déplaise ! Le granule ne peut pas plus être séparé de la relation patient/médecin que vous ne pouvez séparer l’esprit humain du corps qui l’héberge. Ce paramètre-là, l’homéopathe le prend en compte tandis que vous le méprisez. Vous le déclarez nul et non avenu tout simplement parce que vous ne le comprenez pas et ne savez pas l’appréhender.

    Que vous dire ? Demeurant dans le schéma réductionniste, vous passez à côté d’une réalité expérimentée par des milliards d’êtres humains. Je vois bien qu’aux yeux d’une certaine science (de LA Science, selon vous), qui n’admet que ce qui entre dans ses schémas réductionnistes, cela peut être négligé. Encore une fois, il faut savoir si on cherche ou non l’efficacité thérapeutique. Si oui, alors il faut aussi tenir compte de ce qui n’est pas EBM…

    Là où je suis d’accord avec vous, c’est quand vous dites : « Malheureusement, ses méthodes [Hanhnemann] et ses conclusion qui n’ont bougé d’un iota depuis le XVIIIème siècle, sont maintenant dépassées ». C’est, je pense, le plus gros talon d’Achille de l’homéopathie. Si, effectivement, elle avait voulu progresser, se remettre en question, reformuler ses principes, etc., elle aurait pu affronter avec plus de billes la campagne menée aujourd’hui contre elle.

    Pas d’accord en revanche quand vous prétendez que ses méthodes sont « invalidées (par plus de 200 ans de progrès fulgurant dans les domaines de la physique, de la chimie, de la médecine »). Cette prétention, affichée par les croisés anti-homéopathes, me paraît exorbitante. Et dangereuse. Et même plus, en bannissant ainsi, par idéologie scientiste, l’homéopathie du système de remboursement, on occasionne une « perte de chance » pour les malades qui seraient mieux soignés (de façon plus simple, moins coûteuse, avec moins d’effets secondaires…) par elle mais qui ne pourront plus se la payer désormais.

  14. – “Suivant la maxime, « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », ce qui se perd au cours des dilutions ne disparaît pas purement et simplement, mais « se transforme » en quelque chose d’autre. Il ne reste pas, dans le granule, que « de l’eau et du sucre » comme le disent, sourire en coin, les détracteurs de l’homéopathie. Il reste : eau + sucre + « quelque chose »”
    Là, j’ai franchement du mal à vous comprendre. L’énoncé que vous rapportez n’est pas une “maxime”, mais un principe physique, confirmé par l’expérience, qui dit que la masse se conserve. Dans les préparations homéopathiques, la masse est bien conservée : le principe actif part dans les égouts un peu plus à chaque dilution

    – “que la Science, toute majuscule qu’elle puisse afficher, n’a pas encore compris ni trouvé.”
    Ne vous méprenez pas. La Science, c’est vous, c’est moi, c’est toute personne qui est capable d’avancer des arguments tangibles pour défendre ses propos, fondés sur des observations objectives. Et pas simplement des “maximes”, ou des “j’ai l’impression que des milliards de personnes ont l’impression que ça marche donc ça marche”

    – “Vous imposez, abusivement à mon avis, à l’homéopathie de faire ses preuves selon des procédures matérialistes”.
    Pas du tout. Imaginons un instant que vous ayez raison, et supposons qu’il existe un quelque chose d’immatériel, spirituel, ou autre, caché dans les granules homéopathiques, et qui aurait jusqu’alors échappé à l’observation, c’est-à-dire à la science. Grâce à ce quelque chose, possiblement en conjonction avec l’action bénéfique de la consultation chez un homéopathes puisque “Le granule ne peut pas plus être séparé de la relation patient/médecin que vous ne pouvez séparer l’esprit humain du corps qui l’héberge”, le patient est guéri. Sa seul bonne foi nous suffit à l’étiqueter en tant que tel : après tout, s’il se sent guéri, c’est qu’il est guéri. Maintenant, vous conviendrez que si, à son insu pour que toutes choses soient égales par ailleurs, on intervertit ses granules ou on les substitue par du sucre, il se sentira moins guéri, car il n’y aura plus l’action de ce quelque chose d’immatériel que vous avancez. Il suffit alors de comparer le nombre de personnes se sentant guéries dans chaque groupe pour évaluer l’homéopathie. En suivant ce protocole qui n’est aucunement matérialiste ni réducteur, on est capable d’infirmer ou de confirmer votre assertion de façon objective. Il me semble malheureusement que les défenseurs de l’homéopathie se cachent derrière des arguments fallacieux pour esquiver cette conclusion.

    – “Si oui, alors il faut aussi tenir compte de ce qui n’est pas EBM…” Là encore, vous faites fausse route. Le but de l’EBM n’est pas de poser un cadre conceptuel réducteur, ni d’écarter des solutions thérapeutiques sous prétexte qu’elles n’entrent pas dans une méthode de pensée prédéfinie. Le but de l’EBM, c’est de répondre à la question : “est-ce que cette personne qui prétend que tel traitement fonctionne est en train de me mener en bateau ou non ?”. Encore un fois, je l’exprimais dans mon premier commentaire : pour savoir si l’homéopathie doit être validée, il ne faut pas tenter de percer tel ou tel secret de la Nature, tel ou tel nouveau principe encore inconnu ; mais se demander si la démarche intellectuelle de ceux qui l’ont mise au point est valide ou non. Autrement dit : suis-je convaincu par les preuves qu’ils avancent ? À entendre la faiblesse des arguments en faveur de l’homéopathie que vous avez avancés et que d’autre homéopathes ont avancés avant vous, je me suis fait une idée.

    – “C’est, je pense, le plus gros talon d’Achille de l’homéopathie. Si, effectivement, elle avait voulu progresser, se remettre en question, reformuler ses principes, etc., elle aurait pu affronter avec plus de billes la campagne menée aujourd’hui contre elle.”
    Demandez-vous donc si l’absence de progression de l’homéopathie est due uniquement à un manque de volonté…

    • Nous avons pu, l’un et l’autre, au long des cette série de commentaires, exposer des faits et des angles d’interprétation variés et souvent opposés. Je pourrais répondre à votre dernière réponse. Mais il me faudrait pratiquement une page pour chaque point ! Et vous pourriez ensuite renvoyer vos objections. Nous pourrions ainsi continuer indéfiniment, jusqu’au décès de l’un de nous deux !
      Beaucoup d’arguments ont été livrés de part et d’autre. Les miens vous paraissent « faibles », les vôtres me paraissent orientés par un a priori matérialiste et par la présomption de charlatanisme. Nous ne nous convaincrons pas par cette discussion.
      Je pense que l’essentiel est que nos lecteurs aient suffisamment d’éléments pour s’en faire leur propre idée. Inutile donc de continuer.
      Notre conviction oriente nos pensées, la mienne comme la vôtre. L’intelligence pouvant trouver des arguments pour chaque chose ET pour son contraire, ce n’est pas elle qui tranchera ce débat du déremboursement ! Il fallait une décision politique. Le gouvernement l’a prise. Au vu des pièces du dossier de réévaluation de la HAS (que j’ai étudié), il aurait pu tout aussi légitimement – et largement – justifier un maintien de la situation actuelle ! Il a agi par idéologie, selon moi, comme je l’explique dans mon article.
      Une précision : je n’ai pas d’action dans l’homéopathie. Je n’utilise même pas de granule. Si je conteste la méthode et la décision finale (avec laquelle vous êtes en phase), c’est au nom d’une vision intégrative de la médecine bien malmenée ces temps-ci.

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